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Alerte sur la circulation des versions falsifiées des médicaments Cytotec et Imilux au Cameroun

Alerte sur la circulation des versions falsifiées des médicaments Cytotec et Imilux au Cameroun

Paru le mercredi, 01 septembre 2021 12:34

Dans un communiqué le 25 août, le ministre de la Santé publique (Minsanté), Manaouda Malachie, alerte sur la circulation au Cameroun de «deux lots confirmés falsifiés de Cytotec», un médicament indiqué dans le traitement des ulcères duodénaux et gastriques. Il est aussi recommandé pour déclencher artificiellement un accouchement à terme, la prophylaxie de l’hémorragie du post-partum et les IVG. Selon le Minsanté, il est confirmé que ces produits sont faux, car ils présentent des données variables (numéro de lot et dates de péremption) falsifiées et ont échoué aux analyses de laboratoire.

Les tests effectués sur ces produits ont notamment révélé l’absence de toute substance active pharmaceutique. Par ailleurs, le véritable fabricant (Pfizer) a confirmé qu’il s’agit d’une falsification. Cet avertissement intervient au lendemain d’une alerte émise le 10 août dernier par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la circulation de deux lots falsifiés de Cytotec (misoprostol) en comprimés de 200 microgrammes en région africaine.

L’OMS précisait que ces produits falsifiés ont été signalés «au niveau des grossistes et des patients » au Cameroun, mais aussi en République démocratique du Congo (RDC), au Ghana et au Nigeria. « Le risque pour la santé du patient lié à l'utilisation de Cytotec (misoprostol) falsifié est une inefficacité ou retard de traitement et pourrait également mettre la vie en danger dans certaines circonstances. Il est important de détecter et de retirer de la circulation tout Cytotec falsifié afin d’éviter tout préjudice aux patients », recommande cette agence onusienne. Ces faux médicaments ne sont pas les seuls qui circulent actuellement au Cameroun.

Danger

Dans un autre communiqué le même jour, le Minsanté alerte également sur la circulation d’un « lot confirmé non conforme d’Imilux », un antibiotique utilisé pour le traitement de diverses infections. L’on apprend que les analyses effectuées par le Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d’expertise (Lanacome) « ont révélé que le produit qui se présente sous forme de poudre soluble ne se dissout pas dans l’eau pour préparation injectable et présente de ce fait un réel danger pour les patients ». Les autorités sanitaires invitent de ce fait le public à plus de vigilance et le cas échéant, à arrêter l’utilisation de ces faux médicaments.

Selon l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun (ONPC), au moins 40% des médicaments présents sur le marché seraient faux. Parmi les médicaments contrefaits les plus vendus figurent notamment les antipaludiques, les anti-inflammatoires, les analgésiques, les antibiotiques et les vitamines, d’après la même source. Une situation qui crée un manque à gagner pour l’Etat et les acteurs de la filière, et expose les populations à des problèmes de santé. Pour inverser la tendance, le gouvernement multiplie les saisies de faux médicaments et/ou de contrebande. Un comité national multisectoriel de lutte a même été créé en 2019 pour traquer ces produits falsifiés et combattre le trafic illicite des produits pharmaceutiques.

P.N.N

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