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Bien que maitrisé, le coronavirus expose le Cameroun à un autre danger

Bien que maitrisé, le coronavirus expose le Cameroun à un autre danger

Paru le jeudi, 01 octobre 2020 12:59

La fréquentation des hôpitaux a été divisée par deux depuis la survenue de l’épidémie de coronavirus en mars au Cameroun, a indiqué mardi 29 septembre le sous-directeur de la lutte contre la maladie, les épidémies et les pandémies au ministère de la Santé publique (Minsanté).

« Nous relevons une baisse de moitié des taux de fréquentation des services de santé essentiels par les populations par rapport à la même période l’année dernière, notamment la vaccination, les consultations externes et les maternités. Ceci est probablement dû à la peur et à la stigmatisation liée à la maladie », a déclaré la Dr Linda Esso, lors du point de presse quotidien sur la Covid-19.

Ce renoncement aux soins fait courir un danger au Cameroun. Il s’agit de la résurgence des épidémies. En effet, la baisse de la fréquentation des hôpitaux intervient alors que le pays fait face à de nouvelles flambées d’autres maladies à potentiel épidémique comme la poliomyélite, le choléra, la méningite et la variole du singe.

Des médecins et responsables de santé ont tiré la sonnette d’alarme ces dernières semaines sur la question des renoncements aux soins, même pour les pathologies graves, constatés notamment dans les services hospitaliers depuis le début de l’épidémie.

« Nous avons perdu plus de 40% de notre clientèle dont les services phares sont la maternité et la pédiatrie. Le service croule sous le poids de l’absence d’activité, ce qui est assez délétère pour les finances de l’hôpital », déclarait, en juin dernier, le Pr Émile Mboudou, directeur général de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala (HGOPED), dans les colonnes du quotidien public Cameroon tribune. Cette baisse s’explique par le fait que l’HGOPED fait partie des formations sanitaires désignées pour la prise en charge des patients de Covid-19, mais aussi par la méconnaissance du virus et de la maladie, disait-il.

Urgences

Avant lui, c’est son collègue de l’hôpital Laquintinie, également dédié à la prise en charge des malades de coronavirus dans la métropole économique, qui alertait sur cette baisse de fréquentation. « Le nombre de consultations a diminué de moitié, le nombre d’accouchements a diminué, la fréquentation est au plus bas, le nombre de malades hospitalisés avoisine les 15%, les urgences sont désaffectées et du coup, le corps médical est au chômage. Sauf, bien entendu, ceux qui sont dans le corridor Covid-19 », affirmait en mai le Pr Louis Richard Njock, nommé depuis lors secrétaire général au Minsanté. « La Covid-19 n’a pas éliminé les autres maladies », soulignait-il.

Face à cette situation inquiétante, les autorités sanitaires appellent les patients à continuer de fréquenter les hôpitaux afin de bénéficier des soins appropriés en cas de maladie ou dans le cadre de leur suivi médical. « Depuis la survenue de la pandémie (…), le système de santé a été renforcé afin d’assurer la continuité des soins et des services essentiels de santé aux populations. Dans le cadre de la décentralisation de la riposte, les formations sanitaires ont subi des modifications considérables sur le plan organisationnel, toujours dans le but d’offrir les soins essentiels les plus appropriés jusqu’au niveau opérationnel, à savoir le district de santé. Le personnel de santé y est présent pour vous offrir des soins en toute sécurité », rassure Dr Esso.

À la date du 23 septembre, le pays enregistrait officiellement 20 712 cas positifs confirmés au coronavirus, dont 19 440 personnes guéries et 418 décès.

P.N.N

Dernière modification le jeudi, 01 octobre 2020 14:25

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