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Grève des enseignants : opposition entre modérés et radicaux

Grève des enseignants : opposition entre modérés et radicaux

Paru le mercredi, 02 mars 2022 13:41

Le collectif On a trop souffert (OTS), qui a lancé il y a maintenant trois semaines l’opération « craie morte » dans les établissements publics, ne parle plus d’une seule voix. D’un côté il y a une aile de modérés qui s’est formée aux côtés des syndicalistes, comme Jacques Bessala du Collectif des enseignants indignés du Cameroun (CEIC). Ces derniers tiennent à dialoguer avec le gouvernement pour une résolution progressive des problèmes posés par les enseignants en colère.

Ces modérés ont répondu à l’invitation du gouvernement hier à l’immeuble Étoile. Ils étaient rassemblés autour du secrétaire général des services du Premier ministre, Magloire Séraphin Fouda, et du ministre des Enseignements secondaires, Nalova Lyonga, pour éviter que cette grève ne s’enlise. Ils ont d’un commun accord décidé de poursuivre le dialogue. En plus, « Les représentants du collectif OTS ont accepté d’inviter ses membres à arrêter l’opération ‘’craie morte’’ et à suspendre le mot d’ordre de grève. Le gouvernement invite les membres de la communauté éducative à poursuivre normalement leurs activités pédagogiques sur toute l’étendue du territoire national, dans l’attente des diligences en cours », comme il est écrit dans le communiqué qui a sanctionné cette réunion.

Mais tout de suite après la publication de ce communiqué, l’autre aile du collectif OTS est montée au créneau en publiant un contre-communiqué : « Le mouvement OTS prend acte des résolutions issues de la réunion de ce mardi 01/03/2022 à la primature. Il salue les efforts du gouvernement dans la résolution des problèmes posés par les enseignants, mais regrette de n’avoir pas été associé à ces échanges. De ce fait, il n’assume aucunement toute signature en bas de ce communiqué et portant la mention OTS ».

Les foras OTS

Pour cette aile, la fin de l’opération « craie morte » est conditionnée par la satisfaction des 20 revendications posées par les grévistes. En plus de la revalorisation des leurs primes, ils demandent aussi « le paiement immédiat de la dette envers les enseignants, les 181 milliards relatifs aux rappels, avancements, allocations familiales, et autres primes », lit-on dans les nombreux foras OTS qui naissent en file indienne dans les différents départements du pays.

Dans ces foras WhatsApp, les radicaux du collectif OTS s’indignent depuis ce matin des subterfuges du gouvernement qui veut, selon eux, les renvoyer dans les salles de classe sans accéder à une seule de leur revendication. « Les membres du gouvernement iront dispenser les enseignements eux-mêmes dans toutes les contrées ce matin », s’énerve par exemple un de ces grévistes en colère après la réunion dans les services du Premier ministre.

Quoi qu’il en soit, ces radicaux continuent de se réjouir des lycées qui rejoignent le mouvement de grève chaque jour en postant des vidéos et des photos des enseignants qui observent l’opération « craie morte ». C’est le cas du lycée de Gabayou ce matin. Avant cet établissement, l’opération « craie morte », qui a commencé timidement dans les villes de secondes zones, a commencé à gagner les grandes villes, en l’occurrence la ville de Douala. Une victoire, comme la naissance ce début de semaine du forum OTS du Dja-et-Lobo, le département du président de la République. L’effet boule de neige devrait se poursuivre…

Examens officiels

Ces radicaux attendent maintenant de discuter avec le gouvernement. Problème, cette aile n’a pas de visage. Elle se présente d’ailleurs comme un mouvement « sans tête ni queue ». Bref une foule étêtée qui ne rassure pas les autorités, qui sont, visiblement, bien plus à l’aise avec le camp des modérés. Mais ces derniers ne semblent pas capables de stopper cette grève, à cause de leur faible nombre.

Il est donc difficile de dire quand ce mouvement d’humeur va se terminer. Une mauvaise nouvelle pour les candidats aux examens officiels de fin d’année, scolarisés dans le public. « Ils seront moins bien préparés que leurs camarades du privé », regrette un enseignant gréviste, tout en indiquant qu’il poursuit la grève jusqu’au bout.

Michel Ange Nga

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