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Éducation : les grévistes veulent renégocier le statut particulier de l’enseignant

Éducation : les grévistes veulent renégocier le statut particulier de l’enseignant

Paru le lundi, 07 mars 2022 13:21

Le collectif On a trop supporté (OTS), qui a lancé l’opération « craie morte » dans les établissements secondaires publics depuis le 21 février dernier, recherche en ce moment 24 volontaires pour former une commission chargée de mener la réflexion pour une révision du statut particulier de l’enseignant. Jusqu’à ce matin, 13 personnes s’étaient déjà manifestées. Les membres du collectif OTS ne doutent pas que les onze places restantes seront très vite comblées. Mais par contre, il n’est pas possible de savoir comment cette réflexion va s'organiser.

« Le travail de cette commission est de relire le statut particulier de l’enseignant et faire de nouvelles propositions pour l’améliorer. C’est ces propositions qu’on va présenter au gouvernement lors des négociations », renseigne un enseignant gréviste. Il ajoute que la révision de ce statut est devenue la principale revendication du collectif OTS.

Le « statut particulier du corps de l’éducation nationale au Cameroun » a été signé en 2000 sous la pression des syndicalistes. Mais cette signature n’a jamais été suivie d’un décret d’application vingt-deux ans plus tard. C’est cette « injustice » que le collectif OTS demandait au gouvernement de réparer en signant enfin un décret d’application. Mais après plusieurs jours de débrayage, les grévistes veulent désormais plus en demandant une révision de ce statut particulier ou rien.

Cette évolution n’est pas une simple fantaisie. En fait, tout est parti d’un lanceur d’alerte. Dans un document audio de 22 minutes, un membre du collectif OTS, formé à l’École normale de l’université de Maroua, explique à ses collègues que ce statut spécial est une entourloupe du gouvernement. Il n’hésite même pas à parler d’« un brouillon », de « document creux » et « obsolète ».

Meilleure protection de l’État

Cet audio devenu viral dans les milieux des enseignants a convaincu les grévistes. Ces derniers veulent maintenant comprendre pourquoi le statut particulier n’a jamais été appliqué. Mais aussi pourquoi, c’est plutôt un statut spécial qui a été proposé et appliqué dans la police, dans la magistrature et même dans l’administration pénitentiaire ? Ce n’est pas tout. La même audio indique que, dans ce statut particulier, les droits et les obligations dus aux enseignants tiennent sur deux articles quand les devoirs s’étendent sur cinq articles. Ce que les grévistes, dans leur grande majorité, considèrent comme une duperie qu’il faut réparer avant de reprendre la craie.

En attendant les propositions de la commission qui est en train d’être mise en place, les grévistes souhaitent que les propositions qui seront posées sur la table du gouvernement contribuent à relever leur traitement, comme c’est le cas dans le statut spécial de la sûreté nationale. On apprend que les membres du collectif OTS demandent une meilleure protection de l’État dans l’exercice de leurs fonctions, des indemnités complémentaires, des congés payés, des primes de risque, le paiement automatique des frais de relève…

« Si on insiste, ils vont signer », promet le lanceur d’alerte anonyme. Les grévistes semblent s’être décidés à suivre ce conseil. Mais personne ne sait vraiment si le gouvernement tient à engager cette renégociation du statut particulier. Pour l’instant, ce sujet est absent du train de solutions proposées par le gouvernement pour mettre un terme à cette grève. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle le collectif OTS a décidé de poursuivre l’opération « craie morte ».

Michel Ange Nga

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Dernière modification le lundi, 07 mars 2022 13:54

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