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Disparition des espèces : inquiétudes au Cameroun sur le sort du drill, singe à courte queue

Disparition des espèces : inquiétudes au Cameroun sur le sort du drill, singe à courte queue

Paru le jeudi, 07 décembre 2023 16:28

Les saisies de tout ou partie d’espèces protégées et arrestations de trafiquants fauniques présumés sont presque devenues banales au Cameroun. Tenez : fin novembre 2023, un agent communal a été arrêté à Yabassi, dans la région du Littoral, alors qu’il tentait de vendre un jeune drill acheté à un braconnier. L’homme a été placé en détention provisoire en attendant d’être jugé, tandis que l’animal a été transporté au zoo de Limbe (Sud-Ouest) pour y être mis en quarantaine et y séjourner.

« Le drill est un singe à courte queue pouvant mesurer jusqu’à 70 cm de long, d’apparence similaire au mandrill, mais dépourvu des couleurs bleu et rouge vif sur le visage comme chez le mandrill. On ne trouve le drill que dans le sud-ouest du Cameroun, au sud de la rivière Sanaga, dans l’État de Cross River au Nigeria et sur l’île de Bioko en Guinée équatoriale », explique la Laga, une ONG qui accompagne le gouvernement depuis une trentaine d’années dans l’application de la loi faunique.

« Le nombre de drills dans la forêt est en déclin dans toutes les aires de répartition connues depuis des décennies, en raison du braconnage », déplore l’organisation, qui a participé à l’opération ayant abouti à l’arrestation de ce trafiquant présumé. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le drill est l’un des mammifères les plus menacés d’Afrique, et par conséquent bénéficie de la protection de la loi. L’infraction est punissable en vertu de la loi camerounaise de 1994 sur les espèces sauvages qui interdit toute détention ou commercialisation illégales de cette espèce.

Mais il n’est pas le seul. D’autres primates protégés, à l’instar du mandrill, du chimpanzé et du colobe roux (considéré comme en « danger critique d’extinction » au Cameroun), sont également victimes de commerce illégal, malgré les efforts du gouvernement pour juguler ce trafic qui a des ramifications jusqu’à l’international.

En septembre dernier, plusieurs médias français ont rapporté que 718 crânes de primate en provenance essentiellement du Cameroun, parmi lesquels 392 de primates protégés, ont été saisis entre mai et décembre 2022 par les agents de l’aéroport de Roissy à Paris. Ces pièces se trouvaient dans des colis postaux et étaient destinées à des collectionneurs aux États-Unis ou à des associations de chasse. Selon les experts, ce commerce est favorisé par la demande de mets exotiques ou de « souvenir de la maison ».

P.N.N

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