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10 Camerounaises d’exception en cette édition 2021 de la Journée Internationale de la Femme

10 Camerounaises d’exception en cette édition 2021 de la Journée Internationale de la Femme

Paru le lundi, 08 mars 2021 06:34

A l’occasion de la journée internationale de la Femme, la rédaction de Stopblablacam a choisi de mettre en avant 10 femmes camerounaises qui font la différence de par leurs statuts, leurs parcours, ou l’impact de leurs actions pour leurs communautés. Bien que ces dernières soient mises en avant, elles représentent surtout un hommage rendu aux millions de femmes camerounaises, qui dans leurs pays ou à l’étranger, portent le message d’un Cameroun ambitieux et respectable.

 

Chantal Biya, la dame de cœur

1 CHANTAL

Populaire pour ses modèles de coiffures et de vêtement, Chantal Biya née Chantal Pulchérie Vigouroux est également célèbre pour ses actions caritatives et son engagement humanitaire. Cela fait plus de 25 ans aujourd’hui que la première dame camerounaise milite notamment pour la santé. En 1994, alors qu’elle est tout juste mariée au président Paul Biya, elle inaugure la Fondation Chantal Biya qui soutient des projets visant à réduire la pauvreté et à lutter contre les maladies, notamment le VIH-sida. Cette fondation est reconnue d’utilité publique et jouit d’un statut consultatif au Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC). En 2002, elle est à l’origine de la création de « Synergies africaines » regroupant les premières dames du continent en vue de soutenir la recherche et la lutte contre le SIDA et les souffrances. En 2006, celle qui est surnommée la « dame de cœur » reçoit la « Médaille d’Argent Marie Curie » de l’UNESCO pour son engagement et son dévouement dans la lutte contre le sida.  La même année, elle est lauréate de la XVème édition du Prix « The Best in the World » à Paris (France), en reconnaissance de son action humanitaire. A travers ces distinctions, c’est toute l’œuvre de Chantal Biya qui s’en trouve gratifiée, marquant ainsi la reconnaissance à l’échelle internationale de son engagement en faveur des femmes, des personnes vulnérables et des minorités.

 

Djaïli Amadou Amal, une plume au service des femmes

 2 DJALI

L’écrivaine camerounaise à succès Djaïli Amadou Amal s’est rendue célèbre pour ses ouvrages traitant des violences et des discriminations dont sont victimes les femmes, notamment celles du Sahel. Après avoir remporté le Prix Orange du Livre en Afrique et le Prix panafricain de la littérature en 2019, elle s’est vue décerner, en décembre 2020, le prix Goncourt des lycées et le «Choix Goncourt de l’Orient» pour son roman «Les impatientes».

Cet ouvrage traite du mariage forcé, du viol conjugal et de la polygamie. Des causes chères à la romancière de 45 ans, considérée comme l’une des plus importantes écrivaines du Cameroun. Mariée de force à 17 ans et victime de violences conjugales dans son foyer, Djaïli Amadou Amal croise dans ses écrits sa propre expérience personnelle. La littérature lui sert de tribune pour crier les souffrances des femmes et dénoncer le silence complice de la société. Car au-delà de la littérature, elle mène un combat pour les droits des femmes.

En 2012, elle a créé son association «Femmes du Sahel» qui œuvre pour l’éducation et le développement de la femme dans le Nord-Cameroun. Cette association mène notamment des actions de sensibilisation contre le mariage précoce et forcé et toute forme de violence faite aux femmes. Son engagement lui a valu d’être nommée, le 5 mars, ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF au Cameroun pour promouvoir et faire respecter les droits des enfants, notamment ceux de la jeune fille.

 

Marie Mbala Biloa, au nom des «bayam-sellam»

 3 MARIE

Présidente de l’Association des bayam-sellam (Asby) depuis sa création en novembre 2004, Marie Mbala Biloa a toujours eu à cœur de redorer l’image des revendeuses de produits vivriers. Sous la houlette de sa présidente-fondatrice, l’Asby multiplie depuis des années des actions de sensibilisation et de renforcement des capacités de ses membres afin d’améliorer leurs conditions de vie et les protéger des abus dont ils sont victimes. Son objectif étant notamment de moderniser ce secteur informel. Ce dynamisme a permis à cette association d’être reconnue d’utilité publique le 22 novembre 2016 à la faveur d’un décret présidentiel. Une reconnaissance qui fait de l’Asby un véritable partenaire du gouvernement dans l’approvisionnement des marchés du pays en denrées alimentaires. Elle lui permet aussi de recevoir des subventions publiques et de bénéficier de dons et de legs, ainsi que de certaines facilités fiscales et douanières.

C’est dans ce sillage que l’Asby a notamment reçu de la Banque africaine de développement (BAD), une aide pour la construction d’au moins deux magasins et un marché. Ce, dans le cadre de  l’initiative Afawa de la BAD qui vise à garantir l’accès au financement en Afrique pour les femmes dans le secteur formel ou informel. Cette aide se décline aussi en une formation des revendeuses et revendeurs dans différents secteurs pour la professionnalisation de leur travail.  

 

Ajara Nchout Njoya, footballeuse en or

4 AJARA

L’internationale camerounaise Ajara Nchout Njoya est devenue l’une des vedettes de l’équipe nationale de football féminin. Elle a marqué les esprits en qualifiant les Lionnes pour les huitièmes de finales du Mondial de la catégorie en 2019, en inscrivant les deux buts camerounais face à la Nouvelle-Zélande  (2-1). La joueuse de 28 ans est entrée dans l’histoire en remportant le titre de championne de Norvège en fin d’année dernière et en décrochant le Soulier d’or de la saison sportive. Ce, grâce à ses 10 buts qui lui ont permis de terminer meilleure buteuse du championnat norvégien.

A peine débarquée à l’Atlético de Madrid, elle a permis à son nouveau club de remporter la Super Coupe d’Espagne en janvier dernier. Les Rojiblancas se sont imposées (3-0) grâce notamment à l’attaquante des Lionnes indomptables qui a inscrit un doublé au cours de la rencontre. Née le 12 janvier 1993 à Foumbam, chef-lieu du département du Noun dans la région de l’Ouest, Nchout Ajara a réussi à se démarquer de ses coéquipières grâce à son talent et à ses qualités offensives. Nchout Ajara, qui court toujours après le Ballon d’or africain, fait également parler d’elle hors des stades par ces actions dans le domaine du social. En 2019, elle a par exemple offert sa prime de victoire aux victimes de l’éboulement tragique de Gouache survenu le 29 octobre à Bafoussam, et qui a fait des centaines de victimes directes et indirectes

 

Vera Songwe, l’économiste qui rêve de sortir l’Afrique de la pauvreté

 5 VERA

Quand le magazine Forbes classe Vera Songwe parmi les «20 jeunes femmes les plus puissantes d’Afrique » en 2013, l’économiste camerounaise a déjà passé près de 13 années au sein des institutions internationales, à l’instar de la Banque mondiale. Une riche expérience professionnelle qui va faire d’elle, en 2017, la première femme à occuper la fonction de Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA). Poste qu’elle occupe jusqu’à ce jour.

Malgré sa notoriété sur la scène internationale, Mme Songwe n’a jamais nié son attachement pour l’Afrique, notamment son pays le Cameroun. Dette, financement, gouvernance économique, énergie, agriculture…, elle est de tous les dossiers pour faire avancer le continent. Mais son amour pour les chiffres et l’économie ne l’a jamais éloignée des débats sur le genre. Sans le cacher, elle a toujours montré son désir de protéger les femmes et les jeunes filles.

Quand l’occasion lui est donnée en mai 2020 dans le cadre d’un partenariat entre la CEA, l’Union africaine (UA) et ONU Femmes, elle va appeler à garantir la protection des femmes en cette période de crise sanitaire, mais également favoriser leur accès au numérique. Vera Songwe obtenu son baccalauréat au Collège Notre-Dame de Lourdes au Cameroun. Elle est titulaire d’un doctorat en économie mathématiques obtenu à l’Université catholique de Louvain en Belgiqu et d’une Licence en sciences économiques et sciences politiques de l’Université du Michigan, aux Etats-Unis.

 

Rebecca Enonchong, la passionnée des technologies

 6 REBECCA

Le nom de Rebecca Enonchong est devenu omniprésent dans le monde de la tech en Afrique. Incubation, startup, entrepreneuriat sont les mots qui accompagnent généralement son patronyme. Selon elle, ce champ lexical fait partie des solutions de développement de l’Afrique grâce à son pouvoir créateur d’emploi. Pour soutenir ses convictions, Rebecca Enonchong a fondé en 2010 ActivSpaces, l’un des principaux incubateurs de start-up au Cameroun.

A travers cet incubateur, l’ambition est d’aider à augmenter les chances de succès des jeunes innovateurs en créant des environnements favorables pour permettre à leurs innovations technologiques de prospérer. Pour Mme Enonchong, il s’agit d’apporter les technologies partout sur le continent, non pas seulement dans les hubs du Nigeria ou d’Afrique orientale, mais aussi dans les zones loin des projecteurs et où les idées innovantes ne manquent pas. Un engagement qui lui a valu le surnom de « tata nationale », comme l’appelle affectueusement les jeunes innovateurs camerounais. Rebecca Enonchong est également PDG de AppsTech, un fournisseur mondial de solutions d’applications d’entreprise qui a des clients dans plus de 40 pays dans le monde. Elle est aussi présidente du conseil d’administration d’AfriLabs et compte parmi les membres fondateurs de l’African Business Angel Network (ABAN).

 

Nourane Fotsing, entrepreneure et politicienne

 7 NOURANE

Avant 2020, Nourane Fotsing était connue comme cette jeune entrepreneure qui a fait fortune dans la vente des extensions capillaires et des produits cosmétiques. Après les élections législatives du 9 février, Nourane Foster épouse Fotsing a inscrit un nouvel exploit. Elle est devenue, à 32 ans, la plus jeune femme à intégrer le Parlement camerounais en tant que députée pour le compte du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) de Cabral Libii.  

Entrepreneure et maintenant politicienne, Nourane Fotsing est devenue plus présente sur la scène politique et sociale. Normal, la députée a placé son mandat sous le signe du social. Sa mission, a-t-elle souvent répété à mainte reprise, est de profiter de sa position à l’Assemblée nationale pour militer mais aussi intenter des actions pour garantir le bien-être des populations camerounaises.

Des populations dont elle est aujourd’hui plus proche que celles de la terre d’Egypte, ce pays qui l’a vu naître le 11 décembre 1987 et dont sa maman est originaire. Aujourd’hui, Nourane incarne auprès de la jeune génération un exemple de femme battante qui, à moins de 10 ans, s’est bâti un nom, une réputation, un empire.

 

Me Alice Nkom, l’avocate des minorités

 8 ALICE

L’arrestation en février 2020 de Loïc Midrel Njeukam alias «Shakiro», un célèbre transgenre camerounais, aurait pu rester un fait social de moindre envergure. Mais que non. Me Alice Nkom a décidé d’en faire un sujet d’actualité nationale. Celle qui en devenue en 1969 la première femme avocate au Cameroun s’est engagée à défendre le jeune accusé d’homosexualité, une pratique réprimée par la loi camerounaise.

Une décision qui n’a surpris personne, car Alice Nkom est aujourd’hui devenue l’un des visages de la défense des droits de la communauté LGBT dont elle préside l’association. Homosexuel, lesbiennes, transgenre…, Me Kom ne se bat pas que pour cette cause. Elle défend également avec le même acharnement les veuves et les orphelins. Bref, elle milite pour les droits de l’Homme.

Femme engagée, Me Nkom est aussi une voix autorisée. Elle se prononce régulièrement sur les grands sujets politiques dans le pays comme peut attester sa recrudescence sur les plateaux de débats télévisés. Malgré la médiatisation, Me Nkom n’oublie jamais son objectif. «Je veux y arriver avant de m’en aller», dit-elle souvent en parlant de son combat pour légaliser l’homosexualité. Lequel combat a fait d’elle la lauréate 2013 du prix des droits de l’Homme de la branche allemande d’Amnesty international.

 

Marie-Thérèse Abena Ondoa, 11 ans au service de la promotion de la femme

 9 THERESE

Cela fait onze ans que Marie-Thérèse Abena Ondoa défend les droits des femmes, en sa qualité de ministre de la Promotion de la femme et de la famille. Pédiatre de formation, celle qui s’était épris de compassion pour la santé des enfants, s’emploie depuis plus d’une décennie à garantir le bien-être des femmes. Ses positions sont claires : les femmes autant que les hommes doivent s’intégrer dans l’univers de la technologie et dans la politique.

L’une de ses plus grandes victoires est la révision du code électoral en 2012, dont la substance permettait une plus grande représentativité des femmes au Parlement. Pour les plus jeunes, la ministre s’attèle à dénoncer le phénomène des mariages précoces ou encore des pratiques néfastes telles que l’excision et le repassage des seins dont victimes les jeunes filles.

Au-delà de tout, la priorité de Mme Abena Ondoa est de garantir une éducation de qualité pour les femmes et la jeune fille. Elle ne manque pas une seule occasion de le réitérer. Son engagement dans la construction des écoles grâce à un financement du gouvernement du Japon est un exemple concret. De plus, elle a initié des centres de formation professionnelle destinés aux jeunes filles ayant dû abandonner l'école dans les zones rurales.

 

Pr. Viviane Ondoua Biwole, pour une meilleure gouvernance en Afrique

 10 VIVIANE

Enseignante à l’Université de Yaoundé II au Cameroun, elle est également professeure associée à la YALE University aux Etats-Unis. Ses champs de recherche s’inscrivent dans deux problématiques : l’entrepreneuriat et la gouvernance publique. Elle a assumé de hautes fonctions dans l’administration publique camerounaise de 2007 à 2019 dont 3 ans comme inspecteur et inspecteur général au ministère de la fonction publique et de la réforme administrative, et 9 ans comme Directeur Général Adjoint de l’Institut Supérieur de Management Public (ISMP). Cet institut a pour mission de contribuer à la modernisation de l’administration publique camerounaise à travers la formation (supérieure et continue), la recherche et la consultation en management. Elle est aussi auteure de plusieurs ouvrages et n’hésite pas à partager son savoir dans des médias, ou à travers sa chaine YouTube

Par Patricia Ngo Ngouem et Vanessa Atangana

Dernière modification le lundi, 08 mars 2021 07:05

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