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Application de l’article 66 et adoption d’une loi anticorruption : la Conac cherche des alliés au parlement

Application de l’article 66 et adoption d’une loi anticorruption : la Conac cherche des alliés au parlement

Paru le jeudi, 08 avril 2021 16:45

Le président de la Commission nationale anticorruption (Conac) l’a réitéré ce 8 avril devant les députés : la non-application de l’article 66 de la Constitution de 1996 et l’absence d’une loi anticorruption sont des freins dans la lutte contre ce fléau. « C’est le lieu pour nous de souligner que l’indice de Transparency International, qui est toujours défavorable pour le Cameroun au fil des ans, privilégie l’application de l’article 66 de la Constitution et l’adoption d’une loi anticorruption », a indiqué Dieudonné Massi Gams (photo).

Le président de la Conac s’exprimait ainsi au cours d’une plénière spéciale sur la lutte contre la corruption. Rencontre initiée par l’Assemblée nationale, pour l’information des élus sur « l’efficacité de la lutte contre la corruption [afin de] faire des recommandations pour atteindre l’objectif vital de moralisation de la vie publique », renseigne un communiqué du secrétariat général de l’auguste chambre.

« Notre pays a stagné dans la lutte contre la corruption », pointe Dieudonné Massi Gams pour illustrer le retard pris. Et pour preuve : « en 2019 par exemple, le Cameroun a été classé 153e sur 180 avec une note de 25 sur 100, en 2020, le pays a été classé 149e sur 180 avec une note de 25 sur 100 », dans le ranking de Transparency International.

Recommandations

Aussi le dirigeant de l’institution plaide-t-il pour : « le renforcement du pouvoir et de l’indépendance de la Conac pour lui permettre d’accomplir de manière optimale ses missions ». Ce renforcement « passe inéluctablement par l’adoption par notre pays, d’une loi anticorruption qui tiendra compte de la protection des lanceurs d’alerte et la déconcentration de l’institution auprès des populations, l’application de l’article 66 de la Constitution de 1996 à travers une loi qui définit les infractions et les sanctions en cas d’enrichissement illicite ».

Depuis plusieurs années, la Conac demande l’application de l’article 66 de la Constitution et l’adoption d’une loi anticorruption. Comme réponse à son plaidoyer de ce jour, les députés ont adopté des « recommandations ». L’une d’elles porte sur la mise en application, « de manière effective » de l’article 66 de la Constitution et la finalisation d’un projet de texte sur la lutte contre la corruption à déposer au Parlement. Les élus ne disent cependant pas comment ils comptent s’y prendre pour obtenir la mise en œuvre de ces recommandations ni à qui elles sont adressées.

Créée en mars 2006 par décret présidentiel, la Conac a, entre autres missions, la collecte et l’exploitation des dénonciations des pratiques, faits ou actes de corruption. Elle peut également mener toutes études ou investigations et de proposer toutes mesures de nature à prévenir ou à juguler la corruption. Cette commission est rattachée à la présidence de la République et ses rapports annuels sur l’état de la lutte contre la corruption sont prioritairement adressés au chef de l’État et rendus publics.

Ludovic Amara 

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