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Atteintes aux droits humains en 2019: Amnesty International présente la facture salée des groupes armés

Atteintes aux droits humains en 2019: Amnesty International présente la facture salée des groupes armés

Paru le jeudi, 09 avril 2020 12:40

Amnesty International (AI) a rendu public son Rapport annuel 2019 sur l’Afrique le 8 avril 2020. Le communiqué qui annonce la publication de ce rapport note que les conflits armés ont fait le lit des violations des droits humains dans les régions anglophones et de l’Extrême-Nord du Cameroun.

Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest, « des groupes armés séparatistes ont continué à tuer des membres des forces de sécurité et à commettre des exactions visant la population. Ils ont perpétré des homicides illégaux, souvent accompagnés de mutilations ».

Leurs cibles se recrutent parmi les fonctionnaires, les simples citoyens ayant refusé d’observer les mots d’ordre de « villes mortes » ou de fermeture des écoles ou les proches d’agents des forces de défense ou de sécurité.

Dans la région de l’Extrême-Nord, Amnesty International note une recrudescence des attaques imputables à des groupes armés liés à Boko Haram. L’organisation comptabilise 275 morts, dont 225 civils, entre janvier et novembre. Et constate que « les attaques ont le plus souvent pris la forme de raids meurtriers donnant lieu à des homicides, des enlèvements, des mutilations et des pillages ».

Les victimes se comptent surtout parmi les membres de comités d’autodéfense, les personnes âgées et les personnes handicapées figuraient. « Ces atrocités pourraient être constitutives de crimes de guerre », prévient AI.

Destruction d’écoles

La violation des droits à la santé et à l’éducation ne pouvait pas échapper à AI. La crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest et les exactions de la secte terroriste Boko Haram dans l’Extrême-Nord ont entraîné la destruction d’établissements de santé et scolaires.

Ce qui a entravé l’accès de la population aux soins médicaux et des enfants à l’éducation. Dans les régions anglophones, le Rapport reprenant les statistiques de l’ONU note que « seulement 17 % des écoles étaient opérationnelles et 29 % du personnel enseignant était en mesure de travailler à la fin de l’année ».

L’accès aux soins de santé et à l’éducation est davantage difficile pour les personnes déplacées. D’après AI, « au 31 décembre, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest comptaient quelque 700 000 personnes déplacées ». Pour la région de l’Extrême-Nord, le tableau affiche plus de 270 000 personnes déplacées. Un nombre en hausse « du fait de la recrudescence des attaques contre la population lancées par des groupes armés liés à Boko Haram ».

Bavures

Dans leur lutte contre les groupes armés, il arrive que les forces de sécurité portent aussi atteinte aux droits humains. « L’armée a procédé à des exécutions extrajudiciaires et à des destructions de logements lors de ses opérations dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, comme l’ont signalé l’ONU et des ONG internationales et locales », soutient AI.

Des accusations que le gouvernement ne rejette pas en bloc. Il admet que l’armée a parfois commis des bavures, sanctionnées sans faiblesse. La preuve : le rapport 2019 d’Amnesty International évoque le procès de sept soldats devant le tribunal militaire de Yaoundé. Ces derniers sont accusés d’avoir tué deux femmes et deux enfants dans l’Extrême-Nord.

Sur le plan judiciaire, AI retient la condamnation à perpétuité, le 20 août, du président autoproclamé de la « République d’Ambazonie », Julius AyukTabe, et neuf de ses partisans pour terrorisme et sécession par le tribunal militaire de Yaoundé. Ils avaient été ramenés au Cameroun le 26 janvier 2018 après leur arrestation au Nigeria. Mais la Haute Cour fédérale d’Abuja a, en mars 2019, jugé leur expulsion illégale et inconstitutionnelle.

D.M.

Dernière modification le jeudi, 09 avril 2020 13:19

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