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Covid-19 : face aux récriminations, le Conseil scientifique préconise un assouplissement de la gestion des dépouilles

Covid-19 : face aux récriminations, le Conseil scientifique préconise un assouplissement de la gestion des dépouilles

Paru le mercredi, 10 juin 2020 12:18

Le Conseil scientifique des urgences de santé publique (CSUSP), sur saisine du ministre de la Santé publique en date du 12 mai 2020, a réuni ses 14 membres en session le 22 mai et rendu son 6e avis sur la gestion des corps des patients décédés des suites de Covid-19.

Cet avis signé par la présidente du CSUSP, Pr Koulla-Shiro Sinata, recommande principalement que les corps Covid-19 soient inhumés dans un délai n’excédant pas 48 heures. Il convient de placer le corps « dans un cercueil hermétique, fermé et zingué, avec ou sans vitre encastrée permettant à la famille de voir le visage du défunt ».

L’avis recommande que les familles, « préalablement et dûment informées de la cause du décès, soient autorisées à voir le corps, sans contact physique, avant toute mise en bière et à assister en nombre restreint à l’inhumation, dans le respect des précautions standards ».

Interdiction du transfert de la dépouille

Le CSUSP désapprouve le transfert de la dépouille en dehors de la ville de survenance du décès. De ce fait, précise-t-il, l’inhumation doit s’effectuer « dans la ville de survenance du décès, au domicile familial s’il y est situé ou dans un cimetière public, dans le cas contraire ». Et contrairement à ce qui a pu être observé ici et là, la manipulation et l’inhumation du corps incombent aux personnels techniques formés et protégés.

Pour parvenir à ces recommandations et bien d’autres, le CSUSP est parti du constat de l’existence de nombreuses incompréhensions, réclamations et déviances liées à la gestion des corps du Covid-19. L’instance note que des familles et proches vivent mal la manière dont les dépouilles sont enterrées. Ils jugent les inhumations bâclées et humiliantes au regard des diverses traditions.

Pour ne pas apaiser la colère de certaines familles, le CSUSP relève le fait que d’aucuns ont usé de subterfuges, de corruption ou de violence pour récupérer leurs corps afin de leur assurer une sépulture « digne ». De surcroit, relève le CSUSP, la réglementation nationale est quasiment muette en la matière.

Réglementation

Le décret du 14 mars 1974 portant réglementation des opérations d’inhumation, d’exhumation et de transfert de corps se contente de dire que « le corps d’une personne décédée d’une maladie contagieuse doit être placé dans un cercueil hermétique, zingué et soudé ».

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans ses orientations du 24 mars 2020, note « qu’en l’état actuel des données disponibles sur la maladie à Covid-19, seuls les poumons sont contagieux, comme pour toute grippe pandémique, qu’aucun élément probant ne rapportant une contamination due à une exposition au corps ».

Pourtant, l’OMS suggère que l’élimination hâtive du corps d’une personne morte de Covid-19 soit évitée et, au risque de se contredire, que soit limité autant que possible le déplacement et la manipulation du corps.

Au cours du conseil de cabinet, présidé le 28 mai par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, le gouvernement a promis d’être un peu plus souple dans la gestion des dépouilles des personnes décédées de suite de Covid-19.

Dominique Mbassi

Covid-19 : le gouvernement promet d’humaniser la gestion des corps

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