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Covid-19 : comprendre pourquoi les avocats paient un lourd tribut 

Covid-19 : comprendre pourquoi les avocats paient un lourd tribut 

Paru le mercredi, 10 juin 2020 13:10

Dr Roger Etoa, médecin de santé publique, parvient, au terme d’une étude préliminaire, à la conclusion que l’avocat appartient à une profession à fort risque de décès de Covid-19. « Depuis le début de la pandémie à coronavirus au Cameroun, 26 avocats sont déjà décédés à la date du 9 juin 2020. C’est la profession où on enregistre une telle mortalité. C’est plus de 10% des décès de coronavirus dans tout le pays », explicite-t-il.

En attendant la réalisation d’une étude complète sur le sujet, le médecin identifie quatre grandes causes de cette situation. Il y a d’abord que l’avocat est membre d’une « catégorie professionnelle élitiste, aux revenus financiers importants ». D’après Dr Roger Etoa, peu d’avocats exercent une activité physique, et « il est extrêmement rare de voir un avocat sans voiture ou exécutant des tâches physiques ». La conséquence est la prévalence élevée de comorbidité au sein de la profession (diabète, hypertension artérielle, etc.).

Tranche d’âge à risque

Ensuite, le médecin estime que les avocats sont très représentés dans la tranche d’âge à risque de décès. « Les personnes qui décèdent de Covid-19 ont majoritairement un âge supérieur à 40 ans, voire 50 ans », observe-t-il. Or la pyramide des âges des avocats est dominée par des individus relevant de cette tranche. Toute chose favorisée par la faible fréquence de rajeunissement des avocats inscrits au barreau du Cameroun.

Dr Roger Etoa indexe également l’environnement de travail, propice à la contamination. Il note que les bureaux et salles d’audience des tribunaux sont exigus et mal aérés. Les avocats partagent les mêmes mobiliers de travail (bancs d’audience, tables de bureau, poignets de portes). À cela s’ajoutent la rareté ou l’absence des programmes de désinfection des salles d’audience et bureaux des avocats et la quasi-impossibilité de recourir au télétravail ou au travail alterné.

Finalement, les hommes en robe noire sont vulnérables à cause du déficit de la prise en charge, d’une absence de programme spécifique de prévention du Covid-19 au sein de la profession ou de l’absence d’un programme de médecine du travail en direction des avocats pour des mises en confinement ou en quarantaine, repos ou congés maladie, etc.

Contactés, de nombreux avocats sont en accord avec le Dr Roger Etoa, qui préconise la mise en place rapide d’un plan de riposte vigoureux au bénéfice de cette profession.

D.M.

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