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Poliomyélite : pourquoi il faut continuer la vaccination

Poliomyélite : pourquoi il faut continuer la vaccination

Paru le lundi, 12 octobre 2020 10:54

Après le premier passage (18-20 septembre), le Cameroun a organisé le deuxième tour des journées locales de vaccination contre la poliomyélite du 9 au 11 octobre dernier. Dans l’opinion, certains s’interrogent sur l’intérêt de cette campagne alors que le pays a été déclaré « free polio » le 18 août par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Le gouvernement a dit que la polio a été éradiquée du pays. Alors, pourquoi on continue à vacciner les enfants ? », fulmine Martine N, qui a refusé de faire immuniser son fils de 17 mois à Yaoundé. Une appréhension qui a été à l’origine de certaines tensions entre les populations et les agents de vaccination lors du premier tour notamment.

Les autorités sanitaires sont pourtant formelles : la vaccination doit continuer. Car si le poliovirus sauvage (PVS) a été éradiqué du pays, d’autres formes de poliovirus circulant de type 2 (PCDVc2) dérivé d’une souche vaccinale continuent de circuler dans le pays. De nouveaux cas de ce type de poliovirus ont été confirmés dans certaines localités des régions de l’Est, du Centre, du Littoral et du Sud depuis le mois de mars. Des poliovirus très rares qui peuvent également provoquer des paralysies et qui circulent principalement dans des zones où des enfants sont peu ou pas vaccinés.

« La principale stratégie pour lutter contre la circulation de ce poliovirus est de maintenir une couverture vaccinale optimale supérieure à 80% en continuant de vacciner les enfants cibles. C’est aussi l’une des conditions pour pouvoir maintenir le statut de pays libre de PVS », explique Dr Annie Mengue, médecin épidémiologiste et point focal poliomyélite au Programme élargi de vaccination (PEV). D’où cette campagne de riposte menée dans les régions de l’Adamaoua, du Centre, de l’Est, de l’Extrême Nord, du Littoral et du Nord, où des cas de poliovirus circulants ont été découverts dans l’environnement et chez des humains.

Par ailleurs, le risque d’importation du poliovirus sauvage persiste puisque certains pays dans le monde (l’Afghanistan et le Pakistan) ne l’ont pas encore éradiqué. « La lutte contre la polio n’est pas terminée dès lors que ces pays n’ont pas arrêté la circulation du PVS sur leurs sols. Pour barrer la route à toute éventualité d’importation de nouveaux cas de PVS, le Cameroun, avec l’appui de ses partenaires, va continuer à renforcer l’immunité collective des enfants de 0 à 59 ans à travers son programme habituel de vaccination et des campagnes préventives de masse. Le maintien de notre statut est à ce prix, et vraiment à ce prix », a déclaré le ministre de la Santé publique (Minsanté), Manaouda Malachie, le 18 juin dernier lors de la certification de pays exempt de poliovirus sauvage.

Patricia Ngo Ngouem

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Dernière modification le lundi, 12 octobre 2020 10:56

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