Rumeurs, idées reçues, clichés, superstitions, légende : qui dit vrai ? qui dit faux ?
Manaouda Malachie tente de rehausser la confiance envers la vaccination, mise à mal ces derniers jours

Manaouda Malachie tente de rehausser la confiance envers la vaccination, mise à mal ces derniers jours

Paru le mercredi, 14 octobre 2020 13:57

La vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux : une altercation entre un agent de santé et un parent qui s’oppose à la vaccination de son enfant dans une école. L’enfant est expulsé de la salle de classe et la mère sommée de le garder à la maison si elle refuse que son fils soit immunisé.

La scène se déroule dans une école primaire du quartier New-Bell à Douala, lors du deuxième tour des Journées locales de vaccination (JLV) de riposte au poliovirus circulant de type 2 organisé du 9 au 11 octobre dans six régions du pays. La réaction de ce parent traduit la défiance des populations envers les vaccins au Cameroun.

Le Gardasil, utilisé pour lutter contre le cancer du col de l’utérus -une maladie qui touche plus de 2000 femmes chaque année dans le pays et provoque plus de 1500 décès -suscite également l’appréhension chez les parents. Introduit dans la vaccination de routine ce lundi 12 octobre, ce vaccin sera administré aux jeunes filles de 9 ans, tel que le recommande l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’OMS préconise en effet que les campagnes de vaccination commencent dès cet âge, car cela permettrait de protéger les fillettes du virus du papillome humain avant le début de l’activité sexuelle.

Mais le Gardasil fait polémique, accusé par ses détracteurs d’être dangereux pour la petite fille en favorisant diverses maladies et en provoquant la stérilité. Cette défiance des parents est exacerbée par la pandémie du coronavirus (Covid-19). Les rumeurs sur des essais cliniques sur des « cobayes » en Afrique sont venues renforcer cette peur des vaccins, certains dans l’opinion étant persuadés que le gouvernement veut secrètement inoculer le virus aux enfants en prétendant vacciner contre d’autres maladies.

Bénéfice

Face à cette « situation inquiétante », le ministre de la Santé publique (Minsanté), Manaouda Malachie, a donné un point de presse ce mardi 13 octobre à Yaoundé sur le bien-fondé de la vaccination. « La vaccination a été le principal outil qui a fait reculer dans le continent africain et dans notre pays, les maladies telles que le tétanos néo-natal, la tuberculose, la rougeole, les diarrhées à rotavirus et plus récemment, le poliovirus sauvage », a-t-il déclaré. Le Minsanté assure que la vaccination est l’un des moyens les plus rentables de sauver des vies.

« Il est démontré que lorsque le gouvernement investit un dollar dans la vaccination, non seulement il en tire sept dollars de bénéfice, mais il en ressort un plus grand nombre de bénéfices en termes d’accroissement de l’espérance de vie des populations et une amélioration de leur bien-être », affirme Manaouda Malachie, tout en rappelant que la lutte contre la mortalité infantile est un axe majeur de la politique nationale de santé publique. Or les réticences autour de la vaccination sont de nature à saper les efforts. Des réticences dues notamment à la désinformation, les rumeurs et légendes urbaines autour des vaccins, ainsi que le manque d’information et de sensibilisation des parents.

Covid-19

Les rapports préliminaires d’évaluation des deux tours des JLV contre le poliovirus circulant de type 2 montrent que les tous les indicateurs de qualité d’une campagne n’ont pas été atteints, notamment le volet de la communication et la couverture vaccinale. « Les raisons profondes de ces insuffisances se trouvent dans les nombreux cas de refus enregistrés pour la plupart dans les villes de Yaoundé et Douala. Parmi les causes majeures figure certainement la pandémie à Covid-19 aux origines mal connues qui a suscité et amplifié des rumeurs, des réticences et des soupçons portant sur la théorie du complot, le déni de la maladie, entre autres », avance le Minsanté.

Une situation qui se traduit par une baisse de fréquentation des services de vaccination, dont le corolaire direct est la résurgence des épidémies (rougeole, polio, etc.). « Si certaines maladies ont disparu et d’autres le sont presque, c’est grâce à la vaccination. Pour un pays responsable, faire le contraire serait suicidaire et non conforme à l’éthique. Le gouvernement tient donc à rassurer les parents et leur rappelle leur devoir de vacciner leurs enfants pour les préserver des maladies et partant, protéger la communauté tout entière dans le cadre de l’immunité collective », conclut Manaouda Malachie.

Patricia Ngo Ngouem

Dernière modification le mercredi, 14 octobre 2020 15:31

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