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Le Barreau accusé de corporatisme en exigeant des sanctions contre les seuls auteurs des violences sur les avocats

Le Barreau accusé de corporatisme en exigeant des sanctions contre les seuls auteurs des violences sur les avocats

Paru le lundi, 16 novembre 2020 10:10

Le Conseil de l’Ordre des avocats au barreau du Cameroun, au cours d’une session extraordinaire tenue le 13 novembre, constate que les rixes survenues au palais de justice à Douala le 10 novembre entre les forces de l’ordre et les avocats « portent gravement atteinte à l’image, à l’honorabilité et à la sacralité de l’institution judiciaire ». Elles entament aussi « l’intégrité de la profession d’avocat dans son cadre privilégié d’exercice professionnel ».

Comme conséquence, le Conseil de l’Ordre « condamne fermement l’intrusion inadmissible et intolérable des forces de police en tenue de combat dans le sanctuaire que représente une salle d’audience dans un palais de justice, ainsi que les violences et traitements inhumains et dégradants perpétrés sur des avocats se trouvant dans cette salle d’audience au moyen d’armes blanches de toutes sortes ».

En guise de représailles, il « exige contre les auteurs intellectuels et opérationnels préalablement identifiés de ces actes barbares des sanctions exemplaires, sans préjudice des poursuites judiciaires que le Barreau se réserve d’engager contre ceux-ci ». A l’encontre des avocats concernés par les poursuites judiciaires à l’origine de ces incidents, le Barreau a juste décidé de l’ouverture d’une enquête déontologique.

Corporatisme

Cette dernière résolution irrite une source judiciaire, qui la taxe de corporatisme dans la mesure où elle s’abstient de condamner les déviances des deux avocats placés sous mandat de détention provisoire à la prison centrale de Douala « pour outrage à magistrat, tentative de corruption et escroquerie ».

Toute comme celle-ci ne s’explique pas que le Barreau semble perdre de vue que c’est la mobilisation de près de 500 avocats en faveur de la libération immédiate de leurs confrères qui est à l’origine de l’intervention des gendarmes et des policiers.  Car certains hommes en robe sont allés jusqu’à s’opposer à leur retour en prison, bloquant au passage les autres audiences.

« Les incidents survenus le mardi 10 novembre 2020 au palais de justice de Douala Bonanjo, que je refuse de décrire ou de décrypter par décence, doivent rapidement être oubliés. Ils n’honorent ni la justice ni les acteurs de la justice et désacralisent ce temple où se disent le droit et la vérité », tranche Michel Ange Angouing, magistrat hors-hiérarchie et conseiller technique au ministère de la Justice.

Dominique Mbassi

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