Rumeurs, idées reçues, clichés, superstitions, légende : qui dit vrai ? qui dit faux ?
Enseignements secondaires : plus de 2 300 enseignants de la Fonction publique menacés de radiation

Enseignements secondaires : plus de 2 300 enseignants de la Fonction publique menacés de radiation

Paru le jeudi, 18 janvier 2024 11:48

Le gouvernement camerounais poursuit sa politique de lutte contre la désertion des postes de travail par certains agents publics. C’est ainsi que 2 326 enseignants rattachés au ministère des Enseignements secondaires (Minesec) ont été suspendus de solde depuis le mois de janvier 2024. Il s’agit de « mesures conservatoires » prises contre ces personnels « ayant été signalés absents à leurs postes de travail » et qui se sont « soustraits aux justifications de leurs positions administratives », selon un communiqué de la ministre Nalova Lyonga rendu public mercredi 17 janvier.

Selon le membre du gouvernement, ces personnels suspendus de solde ont été débusqués suite à l’appel à la dénonciation qu’elle avait lancé il y a presque huit mois. L’on se souvient que le 30 mai 2023, la Minesec avait, par voie de communiqué, invité toute personne ayant connaissance des enseignants absents à leur poste de travail à les « dénoncer sous anonymat » via une plateforme numérique dédiée à cet effet.

Les mesures conservatoires prises contre ces enseignants pourraient déboucher sur la radiation de ces enseignants de la Fonction publique. Surtout que, dans sa circulaire du 28 décembre 2023 relative à l’exécution de la Loi de finances 2024, le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, annonce dès l’année en cours « des mesures disciplinaires de révocation ou de licenciement des agents publics qui demeurent suspendus depuis quatre années ». Le 23 octobre dernier, Nalova Lyonga avait déclaré avoir décelé dans ses fichiers 1 571 enseignants déclarés en position d’abandon de poste de travail. Elle les sommait alors de venir clarifier leur situation administrative dans un délai de deux semaines, faute de quoi des mesures disciplinaires seraient prises contre eux.

L’absentéisme des enseignants est un réel problème au Cameroun, pas seulement dans l’enseignement secondaire. En février 2022, le ministre de l’Education de base (Minedub), Laurent Serge Etoundi Ngoa, menaçait de sanctions les enseignants absents de leurs postes de travail. « Personne ne peut tolérer que son enfant aille dans une école où il n’y a pas d’enseignants. Des gens recrutés avec l’aide de nos partenaires, sur décision du chef de l’État, doivent travailler. Ils ne peuvent pas gagner de l’argent sans le justifier. Il faut qu’on réduise au maximum ce type de comportement », s’était-il insurgé.

En 2022, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), Joseph Le, déclarait que 8 766 agents publics, pour la plupart des enseignants, sont sous la menace d’un licenciement. Plus d’un millier a déjà été rayé des fichiers de la Fonction publique, à la suite de la phase contentieuse de l’opération de comptage physique des personnels de l’Etat. Cette opération, initiée en 2018, vise à identifier et à expurger du fichier solde de l’Etat tous les agents publics y émargeant irrégulièrement du fait d’une absence non justifiée, d’une démission ou d’un décès non déclaré. A travers cette opération, le Cameroun espère maîtriser les effectifs des agents de l’Etat pour une fiabilité de la masse salariale.

Patricia Ngo Ngouem

Lire aussi:

Enseignements secondaires : plus de 1 500 personnels dénoncés pour abandon de poste

● E-Arnaques


● Fact Cheking




 

Please publish modules in offcanvas position.