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Région de l’Est : les populations s’opposent à l’exploitation d’une forêt à Bétaré-Oya

Région de l’Est : les populations s’opposent à l’exploitation d’une forêt à Bétaré-Oya

Paru le mercredi, 18 novembre 2020 12:36

Les populations des villages « Liguim » et « Tête d’éléphant » dans l’arrondissement de Bétaré-Oya, département du Lom et Djerem, région de l’Est s’opposent à un projet de création d’une Unité forestière d’aménagement (UFA) dans leur contrée.

L’exploitation de cette unité est concédée à la Société industrielle de Mbang (SIM). Ceci « en compensation à d’une unité forestière que cette entreprise a abandonnée dans la région du Centre », soutient Ferdinand Bekolo Mevengue, ingénieur général des eaux et forêts hors échelle.

« L’Etat a déjà créé autour de nous les Parcs nationaux de Mbam et Djerem et de DengDeng qui affectent en grande partie notre espace cultivable. C’est donc sur l’unique espace cultivable qui nous reste que l’Etat voudrait créer l’Ufa. Nous disons non à cela », a déclaré Désiré Sodea Sodea, élite et Prince de la chefferie de « Tête d’éléphant.

Dans le fond, la divergence de vues entre les communautés locales et les autorités porte sur le modèle d’exploitation de cette forêt. Pour les populations le modèle de « forêt communautaire » semble être plus à même d’impulser les projets de développement. « La forêt communautaire nous a permis d’avoir une école, de l’eau, un foyer, etc. Nous ne voulons pas de l’UFA chez nous, car la vie deviendra impossible », déclare Germain Sodea, chef de 3e degré de « Tête d’éléphant ».

Un argument partagé par des élites du village Liguim, confronté aux problèmes d’enclavement. « Ici, il n’y a ni routes ni écoles. Le seul centre de santé construit par le Programme national de développement participatif (PNDP) est dépourvu de personnels et d’équipements. Nous voulons la forêt communautaire parce qu’elle peut décanter notre situation. Dans mon village, nous n’avons même pas d’eau potable. Nous buvons de l'eau de la Sanaga. Nous n’avons rien qui peut nous aider. Si l’UFA s’installe, où allons-nous faire les champs ? », s’interroge Dieudonné Manissara, chef du village Liguim.

Irrégularités

Au-delà de la question relative au développement des communautés, les détracteurs du projet de création de cette UFA dénoncent « plusieurs irrégularités » autour de cette réserve forestière.

Sur le plan règlementaire, « pour donner une UFA en compensation à une entreprise, elle doit être classée dans la même zone écologique et être d’égale superficie que l’UFA déclassée. En plus, ce déclassement doit faire suite à une cause d’utilité publique c’est-à-dire que l’Etat envisage par exemple d’implanter un projet dans une zone préalablement octroyée à un opérateur. Cet opérateur se trouvant dans l’obligation de céder l’espace, reçoit une autre zone en compensation », clarifie Ferdinand Bekolo Mevengue. Mais « dans le cas d’espèce, l’objet de l’abandon de l’UFA dans le Centre par la société SIM n’a pas été précisé », poursuit-il.

Au sujet la superficie de l’UFA querellée, le gouvernement semble dubitatif. Dans une correspondance qu’il a adressée au ministre des Forêts et de la Faune (Minfof), Jules Doret Ndongo, le 6 avril 2020, le secrétaire général des services du Premier ministre (SG/PM), Séraphin Magloire Fouda, indique qu’elle devrait être de 36 340 hectares. Plus tard, dans une autre correspondance adressée au Minfof le 28 septembre 2020, le SG/PM parle d’une superficie de 61 147 hectares.

Face à cette situation, les populations ont saisi le chef de l’Etat pour sauvegarder le développement socio-économique de cette zone enclavée de l’Est du Cameroun.

B.E

Dernière modification le mercredi, 18 novembre 2020 12:38

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