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A Meiganga, des élèves au cœur d’un trafic d’ossements humains

A Meiganga, des élèves au cœur d’un trafic d’ossements humains

Paru le mardi, 19 janvier 2021 16:34

Six individus, dont cinq élèves du lycée classique de Meiganga dans la région de l’Adamaoua, ont été interpellés pour «profanation de tombe et trafic d’ossements humains» le 13 janvier, indique la Gendarmerie nationale sur Facebook. Le squelette complet d’un individu de sexe masculin a été trouvé en leur possession.

Les suspects ont entre 18 et 24 ans.  Deux d’entre eux tentaient de se rendre à Bertoua, capitale régionale de l’Est pour vendre leur butin, à un client non encore identifié, lorsqu’ils sont tombés dans les mailles de la brigade de gendarmerie de Meiganga qui les ont filés, puis appréhendés au lieu-dit Gbakoungue.

Leur exploitation a permis de mettre la main sur les quatre autres membres du groupe, apprend-on. C’est la première fois que des élèves sont officiellement cités dans le trafic d’ossements humains. En 2012, trois étudiants de l’Université de Yaoundé II-Soa avaient été arrêtés à Djoum (Est) en possession d’une valise contenant des restes humains.

Le phénomène n’est cependant pas nouveau. Il connaît une certaine recrudescence, au regard des multiples arrestations de ces dernières semaines rapportées notamment dans les médias.

Mesures

En octobre dernier, quatre individus ont été interpellés à Douala en possession d’un squelette entier. Les suspects ont avoué à la gendarmerie qu’ils voulaient vendre ces restes humains à 15 millions FCFA. Le même mois, trois trafiquants présumés de squelettes humains étaient arrêtés à Foumbot, chef-lieu du département du Noun à l’Ouest. Un peu plus tôt, en juin, deux individus ont été arrêtés en possession de deux squelettes humains, toujours à Foumbot. En janvier 2020, un gang de 4 trafiquants d’ossements humains présumés a été arrêté à Koutaba (Ouest). Ils avaient profané une tombe pour la somme de 10 millions FCFA.

«On constate que ces réseaux de trafic sont liés et font partie de réseaux encore plus vastes. Les deux cas de trafic d’ossements humains (à Foumbot, Ndlr) ont été découverts à la suite d’enquêtes sur le trafic d’espèces sauvages, indiquant le lien entre le trafic d’espèces sauvages et le trafic d’ossements humains», explique-t-on à Laga, une ONG qui appuie le gouvernement dans l’application de la loi faunique.

Dans plusieurs localités ou familles, des personnes sont astreintes à monter la garde autour des sépultures, en espérant les mesures prises par les pouvoirs publics pour contrer ce phénomène.

Des procès sont en cours et des trafiquants d’ossements humains ont déjà été condamnés par la justice. En effet, la loi camerounaise, en l’article 274 du Code pénal qui porte sur la « violation de tombeaux et de cadavres », punit d’un emprisonnement de 3 mois à 5 ans et d’une amende de 10 000 à 100 000 FCFA celui qui viole des tombeaux ou des sépultures.

P.N.N

Lire aussi: Ossements humains : un trafic macabre qui brasse des millions de FCFA

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