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Obala: l’Église catholique s’oppose au vaccin contre le cancer du col de l’utérus

Obala: l’Église catholique s’oppose au vaccin contre le cancer du col de l’utérus

Paru le mardi, 20 octobre 2020 09:01

L’admission du vaccin contre le papillomavirus humain (VPH), l’agent pathogène responsable du cancer du col de l’utérus, est interdite dans les écoles et formations sanitaires confessionnelles appartenant au diocèse d’Obala. L’instruction vient d’être donnée aux responsables de ces structures appartenant à l’église catholique romaine dans une note signée ce 19 octobre par Mgr Luc Onambele, vicaire général de diocèse d’Obala.

Cette division ecclésiastique, qui couvre les départements de la Lekié et de la Haute-Sanaga dans la région du Centre, compte une dizaine d’établissements d’enseignements secondaires, 41 groupes scolaires, quatorze écoles primaires et cinq écoles maternelles.

« Vaccin incomplet »

Selon le responsable épiscopal, le Gardasil mis à la disposition du Programme élargi de vaccination (PEV) afin de prévenir le cancer du col de l’utérus chez les jeunes filles âgées de 9 à 13 ans, est un vaccin « incomplet » qui n’agit que contre le VPH de type 16 et 18. Pourtant, il existe plus de 100 types de VPH parmi lesquels 40 sont sexuellement transmissibles et environ 18 VPH sont oncogéniques. « C’est un vaccin partiel parce qu’il y a plus de 15 VPH qui n’y sont pas inclus », explique ce prélat, titulaire d’un Doctorat (PhD) international en santé publique et médecine préventive.

Autre limite, le vicaire général relève que la tranche d’âge ciblée a été moins représentée dans les essais cliniques menés jusqu’ici. « La médecine basée sur l’évidence scientifique voudrait que les essais cliniques ne se limitent pas aux résultats intermédiaires, mais qu’ils aboutissent aux résultats définitifs », critique Professeur de santé publique et de bio-éthique à l’École des sciences de la santé de l’Université catholique d’Afrique centrale (UCAC).

Aussi, dans la mesure où ce vaccin est inoculé aux jeunes filles de 9 ans et que le pic de l’incidence de ce cancer se situe entre 40 et 50 ans, « Rien ne nous rassure qu’il n’y aura pas d’effets indésirables entre temps comme cela a été signalé ailleurs », avise-t-il. Ce d’autant plus qu’« Il faut attendre plus de 30 ans pour constater ses bénéfices ».

Polémique

En citant le système de notification des effets indésirables des vaccins (VAERS) de l’Union européenne, le prélat indique dans sa note qu’entre le 1er juin 2006 et le 31 décembre 2008, plus de 23 millions de doses de Gardasil ont été distribuées. Dans le même temps, 772 cas d’effets indésirables ont été enregistrés et 32 cas de décès.

Le gouvernement n’a pas encore réagi à cette sortie de Mgr Luc Onambele qui vient pour le moins relancer la polémique autour du vaccin contre le cancer du col de l’utérus. Le Gardasil est accusé par ses détracteurs d’être dangereux pour la petite fille en favorisant diverses maladies et en provoquant la stérilité d’où la défiance des parents, exacerbée par la pandémie du coronavirus (Covid-19). Les rumeurs sur des essais cliniques sur des « cobayes » en Afrique sont venues renforcer cette peur des vaccins.

« L’importance de ce vaccin n’est plus à démontrer, quand on connaît la situation épidémiologique du cancer du col de l’utérus au Cameroun », a déclaré l’agrégé en médecine Tetanye Ekoue, interviewé à ce sujet dimanche dernier par la chaine de télévision gouvernementale CRTV.

Le Cameroun enregistre 2356 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus pour 1546 décès, selon les statistiques officielles. Ces chiffres sont susceptibles de doubler dans les deux prochaines décennies si rien n’est fait. Depuis 2010, le gouvernement camerounais a opté pour la vaccination.

BE

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