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Crise anglophone : des syndicats d’enseignants dénoncent les violences contre l’école

Crise anglophone : des syndicats d’enseignants dénoncent les violences contre l’école

Paru le lundi, 22 novembre 2021 10:38

Le ton est grave dans le communiqué qui a sanctionné la rencontre des cinq plus grands syndicats des enseignants du sous-système éducatif anglophone, le 17 novembre dernier à Bamenda, région du Nord-Ouest. Les syndicats « Constatent avec consternation, mécontentement et angoisse, la profanation et la destruction gratuites de vies humaines, notamment d’élèves, d’étudiants et d’enseignants simplement désireux de respecter l’objectif de développement durable “éducation pour tous” de l’ONU ». Ils en veulent pour exemple les deux écolières tuées à Buea et à Bamenda à la suite à des tirs de forces de défense et de sécurité.

C’est bien contre les belligérants de la guerre séparatiste dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest que les enseignants élèvent leurs voix. « Nous dénonçons également avec force l’utilisation effrénée des armes à feu dans nos villes et villages, tant par les agents de sécurité du gouvernement que par les groupes armés », peut-on lire dans le document.

Pour les signataires de ce communiqué, ces attaques ont « accru l’incertitude et l’insécurité dans ces lieux à des niveaux alarmants, ainsi que l’utilisation gratuite et insensible d’engins explosifs improvisés, même dans les campus scolaires et universitaires, avec les conséquences psychologiques, physiques et tragiques qui en résultent ».

Le groupe syndical lance « un appel fort et urgent » aux parties en conflit pour dire que « les élèves, les étudiants, les enseignants et les parents ne doivent pas être persécutés et soumis à la douleur, la peur, l’incertitude et même la mort dans leur quête d’acquérir et de fournir une éducation ».

C’est pourquoi ils dénoncent « les appels gratuits à la fermeture » des établissements scolaires et au « lockdown » pendant qu’ils demandent « pieusement » l’annulation de cette mesure régulièrement prise par les séparatistes. « Nous implorons le pouvoir en place de s’assurer que l’éducation reste toujours une priorité absolue, surtout dans les circonstances actuelles », ajoutent-ils.

Dans un récent rapport sur la situation dans les régions, l’ONU indique que sur « 76 478 enfants inscrits dans les écoles primaires au moment du “lockdown”, seuls 23 428, soit 31 %, avaient accès à l’éducation pendant cette période. Au niveau de l’enseignement secondaire, sur 41 626 enfants scolarisés avant ce confinement, seuls 11 649 avaient accès à l’éducation, soit 28%. Dans le Sud-Ouest, seuls 15 104 des 60 408 enfants inscrits dans les écoles primaires ont eu accès à l’éducation pendant ce confinement, ce qui représente 25%. En outre, 22 254 des 39 074 inscrits dans les écoles secondaires avaient accès à la salle de classe, ce qui représente 57% ».

L.A.

Dernière modification le lundi, 22 novembre 2021 10:42

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