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Adamaoua : des motos-ambulances pour aider les femmes à accoucher dans les hôpitaux

Adamaoua : des motos-ambulances pour aider les femmes à accoucher dans les hôpitaux

Paru le lundi, 23 août 2021 17:24

Dans l'Adamaoua, les motos-ambulances parcourent les zones les plus enclavées pour aider les femmes à accoucher à l'hôpital. Une solution innovante mise en place pour renforcer la santé maternelle, dans une région où les indicateurs de la santé sont au-dessus de la moyenne nationale. « Ces engins permettent de référer les femmes enceintes des communautés vers les centres de santé, mais également des centres de santé soit vers les hôpitaux de district, soit vers les centres médicaux d'arrondissement (CMA) pour une meilleure prise en charge », explique Jean Moutsina, chef du district de santé de Tignère, chef-lieu du département du Faro et Deo.

Ces motos ne ressemblent pas à une ambulance classique mais elles sont une véritable roue de secours dans cette partie du pays, où les routes sont si mauvaises qu'il est difficile pour ces femmes d'atteindre les centres de santé en cas d'urgence. L'une des raisons avancées d'ailleurs pour justifier les accouchements à domicile est l'éloignement de la formation sanitaire. La moto-ambulance peut parcourir des centaines de kilomètres sur une route impraticable ou tortueuse même en saison des pluies, comme c'est le cas ce mois d'août.

« Lorsque les routes sont impraticables, nous garons la moto-ambulance là où c'est possible. Nous prenons une simple moto pour aller chercher la femme enceinte chez elle et venir l'installer dans la moto-ambulance. Nous sommes deux chauffeurs, le second aide souvent à pousser la moto en cas de problème », raconte le « moto-ambulancie » Hassana Yawa, formé à l'utilisation de ces engins. La femme peut s'allonger complètement sur la civière dans le side-car, assistée d'une personne compétente et accompagnée d'un proche.

Taux forfaitaire

Ces engins apparaissent ainsi comme un moyen efficace et économique pour amener les femmes enceintes dans les hôpitaux, surtout que beaucoup d'entre elles ne peuvent pas payer le transport vers un centre de santé. Les ménages doivent payer un taux forfaitaire annuel pour une meilleure appropriation communautaire de ces engins. « Chaque famille contribue à hauteur de 1 150 FCFA par an », confie Pascal Dawa, chef du centre de santé intégré (CSI) de Libong, à une vingtaine de kilomètres de Tignère.

A Wogodoum, « les ménages doivent cotiser 2 400 l'an. Cette somme sert à réparer les pannes, à mettre du carburant et à "motiver" les conducteurs » qui travaillent bénévolement, assure Adamou Amadou, président du comité de gestion des moto-ambulances de ce village situé à 80 km de Tignère. Mais qu'on ait contribué ou pas, la moto-ambulance assure le transport des patients vers les centres médicaux en cas de besoin. « Jusqu'ici, ceux qui ont toujours contribué continuent à le faire. Nous allons sensibiliser les autres pour qu'ils adhèrent également », affirme le chef du CSI de Libong.

Cette formation sanitaire a bénéficié de deux moto-ambulances dans le cadre du Projet d’appui à la santé maternelle, néonatale et infantile (PASMNI), financé par la Banque islamique de développement (BID). Mis en œuvre par le gouvernement avec l'appui des Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) et pour la population (UNFPA), ce projet vise à réduire la mortalité maternelle, néonatale et infantile au Cameroun.

Accouchement assisté

Grâce à ces moto-ambulances, le nombre de naissances dans les structures médicales a augmenté, selon les responsables sanitaires. « Avant la mise en œuvre du projet (effectif depuis juin 2018, Ndlr), nous avions cinq accouchements par mois. Aujourd'hui, nous sommes à 25 accouchements par mois », se réjouit Hamadou, chef du CSI de Wogomdou. Le taux de mortalité des femmes en couches a également baissé, apprend-on.

« Trois ans avant le projet, la mortalité maternelle était très élevée dans la région. Soit 1 000 décès pour 100 000 naissances vivantes, alors qu'on n'était qu'à 782 décès au niveau national (EDS 2011). Aujourd'hui, l'élément essentiel pour réduire la mortalité maternelle est le taux d'accouchement assisté qui est passé de 40% à 56% », avance Daouda, point focal de la santé de la reproduction à la délégation régionale de la Santé publique de l'Adamaoua. Dans le district de santé de Tignère, l'on est passé de 8 décès maternels en 2018 contre 2 en 2021, selon les chiffres présentés par le chef dudit district de santé.

« Les données de routine montrent qu'il y a également une baisse de la mortalité néonatale parce que dans toutes les formations sanitaires sélectionnés par le projet, les prestataires sont capables d'assurer la réanimation néonatale qui est essentielle pour sauver les nouveau-nés. Selon nos données, nous sommes actuellement à 48 décès pour 56 000 accouchements par moyenne », affirme Daouda.

Patricia Ngo Ngouem, à Tignère

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Dernière modification le lundi, 23 août 2021 19:11

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