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A Ngaoundéré, une nouvelle cargaison de faux médicaments saisie

A Ngaoundéré, une nouvelle cargaison de faux médicaments saisie

Paru le vendredi, 26 février 2021 12:39

Une cargaison de faux médicaments a été saisie le 24 février par les douaniers dans la région de l’Adamaoua, lors d’un contrôle qui a débouché sur deux arrestations. La cargaison a été interceptée par la Brigade mobile des Douanes de Ngaoundéré sur «la base d’un renseignement», indique le patron de cette unité, le commandant Jude Mofor, par ailleurs coordonnateur de la Mission Halcomi (Halte au commerce illicite) zone 3 qui couvre les trois régions septentrionales du pays.

«Les faux médicaments étaient dissimulés dans quatre valises comme si c’étaient des habits. Mais comme nous travaillons sur renseignement, nous savions qu’il s’agissait de médicaments. Nous avons fouillé les valises et nous sommes tombés sur ces médicaments», a déclaré le commandant Mofor, contacté par SBBC ce vendredi 26 février. «Les médicaments sont réglementés et il faut une autorisation. Quand on demande l’autorisation et que la personne ne l’a pas, c’est une détention irrégulière ou importation irrégulière de médicaments», a-t-il ajouté.

L’importation des médicaments est en effet soumise à l’agrément délivré à l’importateur de médicaments, l’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour chaque produit après le contrôle de sa qualité par le Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d’expertise (Lanacome) et un visa d’importation délivrés par le ministère de la Santé publique (Minsanté). Ces documents doivent être présentés aux douaniers au moment de l’entrée du médicament sur le territoire national. Mais les acteurs des circuits informels des médicaments usent de divers stratagèmes pour contourner le dispositif mis en place pour les combattre. Cette nouvelle saisie de médicaments prohibés s’inscrit dans une longue lignée.

Tramadol

En juin 2020, 40 cartons contenant chacun 300 paquets de faux comprimés de paracétamol et d’aspirine ont été saisis à Douala. En avril de la même année, les douaniers ont mis la main sur 210 cartons de comprimés de chloroquine contrefaits dissimulés dans un camion en provenance du Nigeria et à destination de Yaoundé. En août 2019, 483 cartons de médicaments de contrebande en provenance de la République centrafricaine (RCA) ont été interceptés à Garoua-Boulaï, dans la région de l’Est. Quatre mois plus tôt, en avril, plus de 150.000 comprimés de Tramadol ont été saisis à Douala parmi d’autres faux médicaments.

Les saisies de ce produit sont d’ailleurs fréquentes dans le pays. L’administration douanière a révélé avoir saisi, en 2019, 624.520 comprimés de Tramadol communément appelé «Tramol» au Cameroun. Il s’agit d’un antidouleur détourné et utilisé comme drogue. Selon le Comité national de lutte contre la drogue, le Tramadol est la deuxième substance primaire la plus demandée (44,62%) par les jeunes drogués âgés de 20 à 25 ans, juste après le cannabis (58,54%). Ces faux médicaments finissent généralement sur le marché local où ils sont notamment vendus dans la rue.

Selon une étude de l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun (ONPC), les médicaments de rue regroupent les produits contrefaits, des faux médicaments et des médicaments à l’origine de bonne fabrication, mais sortis du circuit normal de distribution. Ce circuit illicite représente un peu plus de 25% du marché du médicament national, alors que 40% des médicaments de la rue proviennent de la contrebande, indique l’ONPC. «Les saisies des produits prohibés et des marchandises non dédouanées sont devenues notre priorité. Nous allons faire le maximum d’efforts pour éradiquer ce fléau qui tue l’économie camerounaise. Ceci dans la mesure où ces faux produits inondent le sud du pays», déclarait à l’époque Norbert Ahidjo, l’ancien chef secteur des Douanes de l’Adamaoua.

P.N.N

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