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Jugés tribalistes, les propos de l’universitaire Claude Abe font réagir plusieurs institutions

Jugés tribalistes, les propos de l’universitaire Claude Abe font réagir plusieurs institutions

Paru le mercredi, 26 avril 2023 12:54

Dans une mise au point rendue publique ce 25 avril, l’Université catholique d’Afrique centrale (UCAC) se désolidarise des propos polémiques tenus par l’universitaire Claude Abe (photo), le 16 avril dernier, lors d’un débat télévisé sur les antennes de la chaine Vision 4. Le recteur de l’UCAC, l’abbé Jean Bertrand Salla, qui signe cette mise au point, a ajouté que l’institution universitaire dont il a la charge condamne tout discours haineux et tribaliste.

Cette précision n’est pas anodine. Car depuis son passage controversé sur Vision 4, le sociologue Claude Abe, qui enseigne à l’UCAC, est justement traité de tribaliste par une partie de l’opinion nationale. En répondant à une question du journaliste sur la problématique foncière au Cameroun, il avait déclaré : « que chacun apprenne à rentrer chez soi ». Mais aussi : « on va encore me traiter de tribaliste, mais il faut dire que certains on fait de la terre un élément de conquête du pouvoir. Et se sont toujours pratiquement les mêmes gens. Certains utilisent d’ailleurs l’État pour arriver à leur fin ».

Quelques jours plus tard, sur les ondes de RFI, l’universitaire avait indiqué qu’il ne comptait pas s’excuser en dénonçant les adeptes du tribalisme de victimisation d’animer l’indignation contre sa sortie. Ce qu’il rappelait déjà sur sa page Facebook en indiquant que ses propos ne sont pas clivants.

Malgré ces explications, la levée de boucliers contre Claude Abe n’est toujours pas retombée. Le 20 avril, soit quelques jours avant la mise au point de l’UCAC, c’est la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) qui est montée au créneau avec un communiqué de son président, James Mouangue Kobila. Ce dernier recommandait au Conseil national de la communication (CNC) de diligenter des enquêtes en pareilles circonstances.

Dans la foulée, le CNC s’est exprimé par voie de communiqué. Dans ce communiqué, le président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, ne fait pas mention de Claude Abe. Ce dernier s’est contenté de regretter la récurrence de la communication de haine, de stigmatisation ou d’accusations hâtives dans l’espace médiatique camerounais. Sauf que le timing laisse bien penser que cette sortie est la conséquence des propos polémiques du sociologue employé par l’UCAC.

Pour le CNC, de tels propos favorisent « la propagation d’un climat social délétère ». Pour éviter cet impair, Joseph Chebongkeng Kalabubsu promet que la CNC va sévir contre les contrevenants en appliquant toutes les sanctions prévues par la réglementation en vigueur, sans suite.

Michel Ange Nga

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