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Trafic d’enfants : le cri d’alarme du gouvernement face à l’ampleur du phénomène

Trafic d’enfants : le cri d’alarme du gouvernement face à l’ampleur du phénomène

Paru le mercredi, 27 janvier 2021 17:36

Le 12 janvier, six individus ont été interpellés par la Gendarmerie nationale à Yaoundé, suite à la disparition de quatre nourrissons. Notamment un nouveau-né de deux jours. Sa mère, âgée de 19 ans et issue d’une famille démunie, l’avait vendu contre la somme d’un million de francs CFA à un promoteur d’hôtel, présenté comme le cerveau d’un réseau de trafic d’enfants. Ce fait divers est venu relancer le débat autour du trafic des enfants au Cameroun. Un phénomène qui prend de l’ampleur dans le pays, selon les autorités qui lancent un cri d’alarme.

« Je suis choquée par ce qui est en train de se passer dans notre société et j’ai du mal à comprendre comment on en est arrivé là », déplore la ministre de la Promotion de la femme et de la famille (Minproff), Marie Thérèse Abena Ondoa, invitée au journal de 13 h ce mercredi 27 janvier sur la Crtv-radio.  Celle-ci appelle les parents à se recentrer sur le rôle capital qu’ils ont à jouer dans l’encadrement et la protection de leurs enfants, notamment de la jeune fille.

« Lorsque des adolescentes, pour des raisons de pauvreté par exemple, arrivent à prendre une grossesse, les familles doivent assumer leurs responsabilités parce que beaucoup de parents ont baissé les bras. C’est vrai qu’il y a une pauvreté ambiante, mais on a grandi dans la pauvreté ambiante sans se prostituer, sans prendre de grossesse. Donc, il revient à la famille, la cellule de base de la société, d’encadrer ces jeunes, particulièrement les jeunes filles, les premières victimes », dit-elle.

Arsenal législatif

« Nous assurons leur encadrement proportionnellement à nos moyens et aussi en nous associant à la société civile parce que l’Etat ne peut pas tout faire », ajoute la Minproff. Cet encadrement, dit-elle, se fait notamment dans les centres de promotion de la femme et de la famille où ces filles-mères ont la possibilité d’apprendre un métier ou d’accéder à un microcrédit qui peut leur permettre de devenir des entrepreneures. « Il y a même des services de santé qui permettent aux adolescentes, sans les encourager à se livrer à une sexualité précoce, à éviter des grossesses. Il revient aux parents de les surveiller. On n’a pas besoin d’être intellectuel pour encadrer les enfants », affirme Marie Thérèse Abena Ondoa.

Dans un rapport en 2018, l’Institut pour les droits humains et le développement en Afrique (IDHDA) révélait que l’enlèvement et le trafic d’enfants au Cameroun sont perpétrés par des couples sans enfants et « hommes d’affaires » qui utilisent ces mineurs dans le commerce du sexe et le trafic d’organes humains. Difficile cependant de circonscrire l’ampleur de ce phénomène, faute d’études récentes ou de statistiques fiables. Selon les spécialistes toutefois, le Cameroun est une plaque tournante du trafic d’enfants.

De par sa situation géographique, disent-ils, le pays est un « réceptacle » des enfants venus de divers pays africains et un « point de départ » pour le Gabon et la Guinée équatoriale. Ces enfants étant notamment exploités dans les petits métiers, le secteur informel et même dans l’industrie de la prostitution. Malgré l’arsenal législatif mis en place pour protéger les enfants (notamment la loi du 14 décembre 2011 relative à la lutte contre le trafic et la traite des personnes et les divers traités et conventions internationaux ratifiés), le pays peine à juguler cette forme de criminalité. Les autorités en appellent cependant à l’implication de tous les maillons de la société pour y mettre un terme.

P.N.N

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