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Au moins 37 morts ce 27 décembre dans un accident de la circulation sur l’axe Yaoundé-Bafoussam

Au moins 37 morts ce 27 décembre dans un accident de la circulation sur l’axe Yaoundé-Bafoussam

Paru le dimanche, 27 décembre 2020 12:28

 

Le préfet du département du Mbam-et-Inoubou signale au moins 37 morts encore non identifiés et 18 blessés graves dans un accident de la circulation routière survenu ce 27 décembre 2020 vers 2h du matin sur la Nationale N° 4 Yaoundé-Bafoussam, tronçon Ndikinemeki-Bafia au lieudit « Pont de Nomale ».

Sur les circonstances de l’accident, la gendarmerie révèle que, « un véhicule de marque Mercedes gros porteur immatriculé LT130 IQ appartenant à la société de transport interurbain Avenir-voyages, circulant dans le sens Bafoussam-Yaoundé, conduit par le décédé (non encore identifié) en excès de vitesse a manqué de maîtrise. Ce dernier a percuté violemment un camion (non identifié et en fuite). Après la perte de contrôle, le gros porteur a dérapé sur une distance d’environ 100 m. Il a survolé le cours d’eau et a buté le talus de l’autre côté ».

Les mêmes sources sécuritaires relayées par la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco) ajoutent : « quelques instants après, un second bus d’Avenir-Voyage, en provenance comme le premier de Foumban pour Yaoundé, a voulu éviter la foule de personnes se trouvant sur la chaussée venue secourir les accidentés de la collision citée plus haut. Aucune signalisation n’étant faite pour avertir d’un éventuel danger, le chauffeur de second bus d’Avenir-Voyage par réflexe a tout fait pour esquiver avec succès l’obstacle qui se présentait à lui mais malheureusement dans cet élan le bus a dérapé et a fini sa course dans un ravin ».

Route en chantier

L’axe Yaoundé-Bafoussam, reliant la capitale du pays au chef-lieu de la Région de l’Ouest, est l’un des plus accidentogènes au Cameroun à cause notamment de l’étroitesse de la route et de son mauvais état.

Actuellement, des travaux de réfection y sont effectués en vue de la réception de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en 2022. En attendant la fin de travaux, la circulation sur cet axe présente de nombreux risques. Les transporteurs y roulent à grande vitesse.

Mais de façon plus globale, le récent rapport sur l’évaluation de la performance en matière de sécurité routière au Cameroun produit par la Commission économique pour l’Europe et la Commission économique pour l’Afrique des Nations-unies indique que, dans l’ensemble, les accidents en zones interurbaines au cours de la période 2008-2014 sont dus pour 3,64  % aux causes environnementales, pour 15,39 % aux causes mécaniques (liés au mauvais état des véhicules), et pour 80,97  % aux causes humaines.

Trois causes humaines majeures sont à elles seules à l’origine de près de 70 % des cas d’accidents constatés dont : l’inattention et la distraction des conducteurs (30,67 %), l’excès de vitesse (19,97 %) et le défaut de maîtrise des conducteurs (18,53 %).

Ces premières causes sont suivies par : les piétons (causes humaines) : 3,60 % ; les dépassements dangereux : 3,15 % ; les pneus défectueux : 2,80 % ; les manœuvres dangereuses sur la chaussée : 2,34 % ; le mauvais état de la route : 2,20 %. Les causes d’accidents liées à l’inattention et à la distraction des conducteurs, ainsi que celles liées au défaut de maîtrise des conducteurs sont souvent associées à la consommation d’alcool au volant.

Pertes économiques

Les estimations faites dans le cadre de l’étude d’Élaboration de la Stratégie nationale de prévention et de sécurité routières (2009) évaluent les pertes économiques subies par le Cameroun du fait des accidents de la route à près de 100 milliards FCFA par an, soit l’équivalent de 1 % du PIB de cette période.

Comparées aux urgences de développement qui s’imposent au Cameroun, ces pertes représentent, en termes de réinvestissement perdu, l’équivalent d’environ : 10 000  salles de classe équipées (en deux salles jumelées) d’une moyenne de 20  millions  FCFA par an pour couvrir l’essentiel des besoins du pays en salles de classe en deux ans ; plus de 250 kilomètres de routes bitumées construites d’une moyenne de 40  milliards FCFA par 100 kilomètres qui sont sacrifiés chaque année ; huit hôpitaux de référence dotés d’un investissement moyen de 12,5 milliards FCFA tous les ans pour l’équipement, de quoi doter toutes les régions du pays en hôpitaux de référence en deux ans.

Sylvain Andzongo

Dernière modification le lundi, 28 décembre 2020 05:23

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