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Mefou: un centre de réhabilitation des pangolins pour protéger cette espèce menacée

Mefou: un centre de réhabilitation des pangolins pour protéger cette espèce menacée

Paru le jeudi, 28 janvier 2021 14:57

Le Cameroun dispose depuis peu d’un centre de réhabilitation des pangolins afin de garantir la survie de cette espèce animale menacée de disparition. Ce centre - le tout premier du genre dans le pays - est logé au Parc de la Mefou, connu comme sanctuaire de primates. Il est basé sur le modèle de la Fondation Tikki Hywood au Zimbabwe, une référence mondiale en matière de sauvetage et de réhabilitation des pangolins.

« Le centre de réhabilitation a été développé en 2019 pour recevoir des pangolins vivants qui ont été confisqués par les autorités provenant du commerce illégal d’espèces sauvages qui se déroule au Cameroun. Ce centre a été développé à partir d’un besoin dû aux multiples saisies d’écailles de pangolin en provenance du Cameroun », affirme Angelia Young, fondatrice et directrice de la Cameroon Tikki Hywood Foundation.

« Les pangolins fragilisés sont amenés au centre et notre personnel formé sur le terrain effectue une évaluation de leur état, puis continue la procédure de rééducation jusqu’à la libération », dit-elle, dans une récente interview au « Wildlife Justice », une publication bilingue et thématique de The Last Great Ape Organisation (LAGA). Cette Ong appuie le gouvernement camerounais dans l’application de la loi faunique.

Saisie record

Les saisies d’écailles de pangolins se sont multipliées ces dernières années dans le pays. En octobre 2020, un trafiquant présumé a été arrêté avec 23 kg d’écailles de pangolin à Bertoua, à l’Est. En mars 2019, une opération conjointe du ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) et de la police a permis une saisie record de 2,3 tonnes d’écailles de pangolins à Douala. La cargaison illégale était évaluée à 150 millions FCFA. Au moins 20 000 tonnes d’écailles de pangolin ont été saisies en moins de 5 ans au Cameroun, estime TRAFFIC, un réseau de surveillance des espèces fauniques et forestières.

« L’espèce se fait rare. Les saisies réalisées au cours de la dernière décennie démontrent à suffisance que le pangolin est sérieusement menacé. Il est donc nécessaire que la préservation du pangolin devienne l’affaire de tous », a déclaré Joseph Lekealem, directeur des faunes sauvages et des aires protégées au Minfof, lors de la Journée mondiale du pangolin le 15 juin dernier. Cette journée vise à sensibiliser l’opinion sur l’importance et la situation critique de cet animal.

Covid-19

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le pangolin est le mammifère le plus trafiqué au monde. Il est braconné notamment pour ses écailles très prisées en Asie, particulièrement en Chine, pour leurs supposées propriétés médicinales. L’année dernière, la Chine a retiré le pangolin de la liste des ingrédients de sa pharmacopée traditionnelle, cet animal étant soupçonné d’avoir été l’hôte intermédiaire qui aurait permis la transmission de la Covid-19 de la chauve-souris à l’Homme.

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) a accordé en 2016 le niveau de protection le plus élevée au pangolin, interdisant son commerce international. La loi camerounaise classe les pangolins dans la classe A, celle des espèces totalement protégées qui ne peuvent « en aucun cas » être abattues. Mais le pangolin est toujours librement vendu dans les marchés, sa viande étant très appréciée des consommateurs. 

P.N.N

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