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Extrême-Nord : en quatre mois, Boko Haram a poussé sur les routes 12 500 personnes

Extrême-Nord : en quatre mois, Boko Haram a poussé sur les routes 12 500 personnes

Paru le jeudi, 29 avril 2021 14:25

Depuis décembre 2020, les attaques de la secte terroriste Boko Haram ont poussé 12 500 habitants de la région de l’Extrême-Nord à quitter leurs villages, abandonnant habitations, champs, bétails, etc.

« Les violences de Boko Haram au Cameroun ont déclenché une crise humanitaire majeure, forçant plus de 322 000 personnes à quitter leurs foyers depuis 2014, dont 12 500 depuis décembre », note Human Right Watch (HRW) dans son dernier rapport intitulé « Cameroun : les attaques de Boko Haram s’intensifient dans la région de l’Extrême-Nord ».

L’ONG internationale poursuit : « A la suite de l’attaque du 8 janvier 2021, des centaines de personnes ont fui Mozogo vers les villages et villes voisins, notamment Koza, Mokolo et Touboro. Au moins 300 d’entre elles restées à Mozogo ont cessé de dormir à leurs domiciles, passant la nuit à l’extérieur pendant plus d’un mois ».

 « Nous vivons dans la peur. Nous sommes lassés par cette situation, épuisés économiquement et psychologiquement », rapporte un habitant de la région cité par le rapport,

Pourtant, l’ONU indique que « selon les forces de sécurité, le nombre d’incursions au niveau des frontières a baissé grâce aux opérations militaires menées au Nigeria et au redéploiement des forces militaires dans la zone frontalière camerounaise ».

Optimisme des autorités

Le ministre de la Défense, face aux députés à l’Assemblée nationale le 1er avril, avait annoncé que « la guerre n’est pas terminée, c’est pour cela que tous les dispositifs de l’armée camerounaise restent en place et continuent de veiller ».  L’optimisme est même de mise chez Joseph Beti Assomo pour qui « la région de l’Extrême Nord reprend vie. L’activité économique reprend son cours depuis deux ou trois ans ».   

Pour se prémunir contre les attaques, les enlèvements et les pillages de Boko Haram, les populations se réunissent en comités de vigilance qui ont parfois réussi à neutraliser des adeptes de cette secte ou à repousser leurs attaques.

Le gouvernement et ses partenaires soutiennent ces comités de vigilance pour leur permettre d’être plus efficaces. Par exemple, en avril 2020, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a offert des centaines de vélos avec casques, 80 mégaphones et 250 téléphones portables aux comités de vigilance de Mora et de Kolofata.

Si la réalité varie d’un comité de vigilance à un autre, il reste que, soutient un responsable d’un comité de vigilance, « il est constant que les comités sont dotés de moyens insuffisants, sont démotivés, et rechignent de plus en plus à prendre des risques nécessaires à la protection des populations ».

D.M.

Dernière modification le jeudi, 29 avril 2021 14:26

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