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Corruption et détournement de deniers publics : le Consupe veut intensifier ses actions en 2024

Corruption et détournement de deniers publics : le Consupe veut intensifier ses actions en 2024

Paru le mardi, 30 janvier 2024 18:33

Le Contrôle supérieur de l’État (Consupe) promet d’intensifier ses actions de lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics en 2024. Une annonce aux allures de mise en garde faite notamment aux gestionnaires indélicats et aux prévaricateurs de la fortune publique par Rose Mbah Acha Fomundam (photo), la ministre déléguée à la présidence de la République chargée du Consupe, lors de la cérémonie de vœux dans son institution le 26 janvier dernier à Yaoundé. « Nous ambitionnons surtout d’intensifier les actions d’audit, de prévention, de vérification et de gouvernance », a-t-elle déclaré lors de son discours, dans des propos rapportés par le quotidien à capitaux publics Cameroon tribune.

Selon le dernier rapport sur l’état de la lutte contre la corruption présenté le 27 octobre dernier par la Commission nationale anti-corruption (Conac), le Consupe a sanctionné 18 cadres de l’administration en 2022 via son Conseil de discipline budgétaire et financière (CDBF). Le CDBF est chargé de statuer sur les fautes de gestion présumées des ordonnateurs des crédits publics et autres gérants ou surveillants de la fortune publique. Lesdites décisions concernaient des responsables ou d’anciens responsables de sept administrations publiques, à savoir : le ministère des Arts et de la Culture (Minac), la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad), le Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic), la Société immobilière du Cameroun (Sic), le Centre national de réhabilitation des personnes handicapées Cardinal Paul Emile Léger (CNRPH), ainsi que le Projet d’appui à l’utilisation des engrais dans les filières cacao/café piloté par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader).

Sur les 18 personnes mises en cause, huit ont été reconnues coupables et ont écopé d’amendes spéciales d’un montant total de 6 800 000 FCFA. Certains de ces responsables ont été mis en débet pour un montant total de 499 110 375 de FCFA, représentant le préjudice financier subi par l’État du Cameroun dans ces affaires. Le préjudice financier subi par l’État du fait de la corruption et des infractions assimilées a été évalué à 4,6 milliards de FCFA en 2022 par la Conac. Ce préjudice a été établi sur la base des missions d’investigation de la Conac, ainsi que des condamnations pécuniaires issues des décisions du CDBF et du Tribunal criminel spécial (TCS).

L’annonce de l’intensification des actions du Consupe en 2024 intervient après que le président Paul Biya a déclaré, dans son discours à la nation le 31 décembre 2023, que « la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics (…) va connaître une intensification notable au cours de l’année (2024 NDLR) qui s’annonce ». Des propos qui font croire à une reprise de l’opération Épervier, du nom de cette opération mains propres destinée à traquer les prévaricateurs de la fortune publique. Depuis le déclenchement de cette opération en 2006, le Consupe est devenue l’une des institutions les plus craintes au Cameroun, dans la mesure où ses rapports ont déjà conduit à la condamnation de plusieurs anciens ministres et directeurs généraux pour détournements de deniers publics.

Patricia Ngo Ngouem

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