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Au Cameroun, le sentiment d’appartenance nationale est plus fort dans le Littoral et plus faible dans l’Extrême-Nord

Au Cameroun, le sentiment d’appartenance nationale est plus fort dans le Littoral et plus faible dans l’Extrême-Nord

Paru le jeudi, 30 septembre 2021 15:37

Afrobaromètre, qui se présente comme « un réseau panafricain et non partisan de recherche par sondage qui produit des données d’aide à la décision depuis 1999 », vient de rendre publics les résultats d’un sondage sur l’unité nationale au Cameroun. Il ressort de cette enquête, réalisée entre février et mars 2021 sur un échantillon de 1 200 adultes que, malgré ses 240 ethnies, « la grande majorité (84%) des citoyens se revendiquent au moins autant de leur identité nationale que de leur identité ethnique ».

Situation par région

Dans le détail, l’étude révèle que « deux répondants sur 10 (20%) s’identifient exclusivement à l’identité nationale, en plus de 16% qui se sentent plus camerounais qu’ethnique. La plus grande partie de la population (48%) s’identifient à la fois à l’identité nationale au même titre qu’à celle de leur groupe ethnique ou culturel. Moins de deux sur 10 se sentent plus ethnique que camerounais(e) (11%) ou uniquement ethnique (6%) ».

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Mais l’enquête soutient que « ce sentiment est différent selon les régions ». Dans la région du Littoral, « les habitants sont le plus susceptibles de se sentir exclusivement d’appartenance nationale », soit 44%. Cependant, note le rapport : « les populations du septentrion (Extrême-Nord, Nord et Adamaoua) et du Nord-Ouest/Sud-Ouest/Ouest sont les plus susceptibles de préférer leur identité ethnique à leur identité nationale », avec un pic de 18% pour l’Extrême-Nord. Alors que les habitants ont le plus un « sentiment d’appartenance à la fois nationale et ethnique » dans les régions Centre/Sud/Est (54%) et du Nord-Ouest/SudOuest/Ouest (52%).

Présidentielle de 2018

Par ailleurs, révèle le sondage, « le sentiment d’identité exclusivement nationale est en baisse par rapport au sentiment d’identité à la fois ethnique et nationale ». En fait, souligne Afrobaromètre, « depuis 2018, le pays a vu s’accroitre un sentiment d’appartenance partagée entre une identité à la fois nationale et ethnique. Le sentiment d’appartenance exclusivement nationale a chuté de 15 points ; par contre, l’appartenance à une identité à la fois nationale et ethnique a progressé de 10 points ». En clair, « certains Camerounais qui autrefois se revendiquaient d’une identité exclusivement nationale ont aujourd’hui le sentiment d’une appartenance à la fois nationale et ethnique ».

Dans un rapport publié le 3 décembre 2020, International Crisis Group estime d’ailleurs que « les tensions entre les camps de Biya et de Kamto, déclenchées par l’élection présidentielle très controversée de 2018, de plus en plus souvent formulées en termes ethniques, menacent la stabilité nationale, déjà ébranlée par l’insurrection séparatiste dans les régions anglophones ». Pour l’ONG, « sans une action du gouvernement, ces divisions risquent de détériorer le tissu social et politique du Cameroun et d’engendrer des violences ».

Ludovic Amara

Dernière modification le jeudi, 30 septembre 2021 16:09

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