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Affaire du coup d’État manqué contre la Guinée équatoriale : le verdict du tribunal militaire attendu le 10 janvier

Affaire du coup d’État manqué contre la Guinée équatoriale : le verdict du tribunal militaire attendu le 10 janvier

Paru le jeudi, 30 décembre 2021 13:47

Le colonel Abega Mbezoa, la présidente du tribunal militaire de Yaoundé, a fixé pour le 10 janvier prochain, le verdict dans l’affaire du coup d’État manqué de Guinée équatoriale en décembre 2017. Le renvoi du verdict a été prononcé le 28 décembre dernier au tribunal militaire d’Ebolowa, où les accusés, Tchadiens, Centrafricains, Équato-Guinéens et Camerounais, sont jugés depuis 2019. Les autorités avaient décidé de cette délocalisation pour décongestionner la prison de Kondengui à Yaoundé après les émeutes de juillet 2019.

Le mardi 28 décembre dernier, le ministère public avait demandé que les accusés soient reconnus coupables de tous les chefs d’accusation retenus contre eux, à savoir : « coaction de tentative d’assassinat, et port et détention illégaux d’armes de guerre et munitions, hostilité contre la patrie, introduction, transportation, importation, transformation, entreposition illégale des armes et munitions ou éléments d’armes de 1ere catégorie et immigration clandestine ».

D’après les faits rappelés par le ministère public lors de ces réquisitions, c’est le 24 décembre 2017 que le commissaire de sécurité publique de la ville frontalière de Kye-Ossi (région du Sud), sur la base d’informations recueillies par les renseignements camerounais, interpelle de nombreux individus dans des hôtels et motels. Ces derniers sont dépourvus de passeports ou de carte nationale d’identité, mais possèdent plus tôt des « laissez-passer récemment établis ».

Colis suspect

Auditionnés à chaud, ils révèlent que près de 400 personnes ont été recrutées pour une opération en Guinée équatoriale. En leur possession, « des objets laissant présager la préparation d’une opération commando », dont des « des pains estampillés ‘CNTD’, pour Conseil national de transition démocratique ».

Sur la foi de ces exploitations, la police va également mettre la main sur des « écussons », et un véhicule garé à la station Bocom de Kye-Ossi contenant des « armes et des munitions de guerre ».

Plus tard, le 27 décembre, Izidine Ahmat Abdallah sera arrêté à Ebolowa. Il va permettre également l’arrestation Souleymane Bengodi au quartier Cemac de Kye-Ossi où il avait entreposé des armes. Ces arrestations, et d’autres encore, vont conduire à l’interpellation des trois artificiers du coup d’État : Hamed Yalo, issu d’une riche et influente famille centrafricaine proche du président Faustin Archange Touadera. D’après le commissaire du gouvernement, c’est lui que les commanditaires contactent pour ce projet de coup d’État. L’un des commanditaires serait un certain Philberto Mabadi.

L’autre chef du projet est Mahamat Kodo, alias Mohamadou Boukar Gafar ; un ancien militaire tchadien à la réputation tumultueuse. Celui-ci est passé par plusieurs rébellions dans son pays. A servi sous l’ancien président Idriss Déby Itno, où il a manqué de peu de passer général, puis est entré dans la rébellion avant de servir également la rébellion centrafricaine. Celui qui se fait tout de même appeler général dit avoir une activité de location de voitures à Yaoundé et c’est dans l’une de ces voitures qu’il a été arrêté à Douala le 28 décembre.

HRC

Ce même jour, un cultivateur aujourd’hui décédé, découvre dans son champ de Mefoup, dans la vallée du Ntem région du Sud, un colis suspect qu’il signale aux autorités. Ce colis contient des armes de guerre : 23 lance-roquettes, 3 Kalachnikovs, 1 mitraillette à gaz, 2 grandes et autres. Une partie de ces armes auraient été achetées à la frontière entre le Tchad et le Soudan et seraient arrivées à Kye-Ossi à bord d’un véhicule estampillé du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui a traversé le pays du Nord au Sud.

Commerçants

Le troisième est un Camerounais, Abessolo Laban Obama, qui déclare avoir participé au coup d’État de 1979 qui a porté le président Obiang Nguema au pouvoir. Seulement, il a nourri de la rancœur envers ce dernier pour ne pas avoir récolté les fruits de cette participation. Raison pour laquelle il a décidé de participer à ce coup force. Il se revendique d’être « la matière grise » de ce complot et d’en avoir planifié le déroulement « jusqu’aux issues de secours ».

Les avocats de la défense, dans leurs plaidoiries, vont souligner de nombreux vices de procédures pour demander l’acquittement des leurs clients. Ils vont notamment pointer la « psychose du coup d’État qui existe en Guinée Équatoriale depuis 6 ans » et qui fait que les autorités de ce pays accusent tout le monde de complot. Pour ces conseils, les personnes interpellées sont des commerçants partis transitant par le Cameroun pour le Gabon, là où les renseignements camerounais ont vu un afflux important et inexpliqué de Tchadiens et de Centrafricains vers la frontière avec la Guinée Équatoriale.

Ils vont défendre que leurs clients n’ont pas été arrêtés en possession d’armes, que les accusations d’hostilité à la patrie ne sont valables que s’ils avaient planifié leur coup pour le Cameroun. Et en fin, l’accusation d’assassinat contre la personne du président équato-guinéen n’a pas été établie.

Ludovic Amara

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