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Jean de Dieu Momo : la surprise du chef

Jean de Dieu Momo : la surprise du chef

Paru le lundi, 18 janvier 2021 13:31

Il est l’une des plus grandes, sinon la plus grande, surprise du réaménagement gouvernemental du 5 janvier 2019. Avocat au barreau du Cameroun, Me Jean de Dieu Momo a déjoué tous les pronostics en devenant ministre délégué auprès du ministre de la Justice Garde des Sceaux, un poste occupé par un certain Maurice Kamto entre 2004 et 2011, qu’il s’emploie à combattre depuis un certain temps.

Inattendu dans cette position, parce que grand pourfendeur du pouvoir de Yaoundé jusqu’à une date récente, Jean de Dieu Momo est un avocat défenseur des droits humains qui s’était fait connaître dans l’affaire des « 9 disparus de Bepanda ». Il deviendra par la suite le président d’un parti politique : Les patriotes démocrates pour le développement du Cameroun (Paddec), créé en mars 2010.

C’est sous les couleurs de cette formation politique qu’il sera candidat à la présidentielle du 9 octobre 2011. « L’acte que j’ai posé ce matin est un acte majeur qui annonce la libération du Cameroun », dira-t-il au sortir du bureau de vote ce jour-là. Il sort de ce scrutin avec seulement 23 791 voix, contre plus de 3 millions pour le président Paul Biya.

Sept ans plus tard, le 20 juillet 2018, une coalition de 20 partis politiques (G20) signe une motion de soutien à Paul Biya, pour l’élection d’octobre. L’opinion découvre avec étonnement que ce qui se présente aujourd’hui comme Saul (ou Paul), du nom de ce Juif qui a combattu Jésus avant de devenir son disciple, est l’un des signataires. « Moi j’ai choisi de ne pas jouer la comédie ou de gagner de l’argent de campagne. », va-t-il se justifier. L’histoire prendra alors une tournure plus inattendue lorsqu’au soir du 5 janvier 2019, Me Momo est fait ministre de la République alors qu’au G20 ils sont nombreux à attendre un retour d’ascenseur.

La surprise est d’autant plus grande que Jean de Dieu Momo était jusqu’alors un poids plume sur l’échiquier politique national. Après la présidentielle de 2011, son parti échoue à avoir un député, mais engrange quelques voix uniquement à la commune de Dschang (d’où il est natif) lors des législatives et municipales de septembre 2013.

Aujourd’hui, Momo est un ministre qui s’est inscrit dans le paysage camerounais davantage par ses diatribes sur les réseaux sociaux contre le MRC et son leader Maurice Kamto. D’ailleurs le décret du 5 janvier 2019 ne lui a pas permis d’agrandir sa représentativité. Son parti n’a pu avoir ni député ni maire à l’issue des élections législatives et municipales de février 2020.

I.L.

Dernière modification le mardi, 19 janvier 2021 06:24

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