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Corona-dette : l’Afrique peut-elle s’inspirer de la démarche européenne ?

Corona-dette : l’Afrique peut-elle s’inspirer de la démarche européenne ?

Paru le jeudi, 28 mai 2020 15:18

Son discours était très attendu. Ursula Von der Leyen (photo) a présenté mercredi 27 mai 2020, l’audacieux plan de relance post-covid-19 de 750 milliards d’euros, préparé par la Commission européenne dont elle assure la présidence. Un moment historique, car pour une fois, il est question pour une organisation régionale d’emprunter des ressources sur le marché des capitaux au profit de ses pays membres.

Ceux-ci vont juste apporter une garantie pour renforcer la crédibilité de l’émetteur, et les ressources levées leur seront distribuées sur une double base : les priorités d’une part et les défis économiques de chacun d’eux d’autre part. Près de 560 milliards d’euros vont alimenter une « facilité de relance et de résilience » qui ira directement aux gouvernements. Il y aura également un programme de 31 milliards d’euros pour soutenir les entreprises solvables qui ont besoin d’aides publiques temporaires et 9,4 milliards d’euros pour se préparer aux futures crises sanitaires.

Pour ce qui est du remboursement, la Commission européenne envisage de créer de nouvelles sources de revenus. Aucune décision n’est encore prise, mais on pourrait assister à la naissance de nouvelles taxes environnementales et des prélèvements sur les multinationales. C’est la partie la plus complexe et la moins détaillée du plan, mais potentiellement, l’une des plus profondes. Les analystes s’accordent à dire que cela s’apparente à la naissance d’un ministère européen des Finances.

Cette démarche européenne doit encore trouver une validation auprès des 27 pays de l’Union et un accord n’est pas acquis. Certains pays ne sont pas favorables à l’idée de donner des subventions à d’autres qui sont accusés de manquer de discipline. Par ailleurs, la mise en place d’un système direct de collecte des revenus fiscaux par l’Union européenne risque de ne pas être facile à faire passer.

L’originalité de cette proposition se présente comme une brèche pour l’Afrique, tout au moins pour la gestion de sa dette publique. Le groupe africain en charge de mener les réflexions sur ce dossier se penche sur la possibilité de créer une structure spéciale d’investissement qui regrouperait toute la dette publique extérieure africaine préalablement titrisée. Celle-ci serait ensuite revendue sur le marché international des capitaux à de nouveaux investisseurs. Un impôt africain permettrait ainsi de rembourser progressivement l’emprunt régional ainsi effectué.

Ce qu’on apprend du cas européen, c’est qu’il faudra s’appuyer sur des pays leaders et limiter au maximum le poids des politiques irritantes. La proposition européenne peut bénéficier de l’axe fort constitué de la France et l’Allemagne. Des pays comme l’Espagne ou l’Italie qui seraient de gros bénéficiaires de l’initiative seront aussi d’accord. Cependant, il faudra rallier les Pays-Bas, et les pays nordiques qui sont plus difficiles à convaincre.

Idriss Linge

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