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Réforme du système électoral : bataille de leadership entre Maurice Kamto et Cabral Libii

Réforme du système électoral : bataille de leadership entre Maurice Kamto et Cabral Libii

Paru le mercredi, 27 mai 2020 09:19

La réforme du code électoral fait à nouveau débat au Cameroun. Au sein de l’opposition, le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) de Cabral Libii et le Mouvement pour la renaissance (MRC) du Cameroun de Maurice Kamto s’affrontent sur le sujet à coup de tweets interposés.

C’est un post commis par le président du MRC dans la journée du 23 mai qui a remis le feu aux poutres. « Nous n’accepterons pas (…) de nouvelles élections populaires sans une réforme consensuelle du système électoral. Seul le peuple camerounais devra choisir ses dirigeants légitimes, dans la liberté et la transparence démocratique », a déclaré Maurice Kamto.

Clash

La réaction du président du PCRN ne s’est pas fait attendre. « J’insiste ! Le code électoral n’est pas la panacée », a twitté Cabral Libii pour marquer son désaccord avec la posture de Maurice Kamto. Car, si la révision du système électoral a son importance, le PCRN pense que cette réforme occupe une place « accessoire » dans la quête à l’alternance.

« L’implication active, palpable et la participation citoyenne effective, réelle, sont fondamentales et primordiales pour le contrôle de l’alternance dans notre pays. Je suis parfaitement attentif aux approches de bonne ou de mauvaise foi qui, elles, privilégient la modification du code électoral dans notre système démocratique », soutient Cabral Libii.

Pour Cabral Libii, le choix à faire est de s’inscrire sur les listes électorales pour avoir sa carte d’électeur ; et non de faire un « tir blanc » en publiant « à longueur de journée des idées originales pour changer la gouvernance ». Pour étayer sa critique, le député prend en exemple la Côte d’Ivoire où le boycott vient de montrer ses limites. 

« Le mot d’ordre jusqu’ici au Front populaire ivoirien (FPI) était le ‘‘boycott’’ tant que Gbagbo n’est pas libéré. Puis, retour au réalisme et à l’action efficace depuis trois jours. Appel aux inscriptions massives sur les listes électorales. La clé c’est la participation du peuple », assène Cabral Libii.

Contre-attaque

En face, cette réflexion ne passe pas. La contre-attaque est portée par Armand Noutack, militant du MRC et transfuge du mouvement « 11 Millions de Citoyens » fondé par Cabral Libii pour inciter les Camerounais à s’inscrire sur les listes électorales à la veille de la présidentielle de 2018. « Nous étions ensemble sur le terrain pour sensibiliser les Camerounais sur les inscriptions sur les listes électorales, ce fut un échec total au regard des chiffres publiés par Elecam », rappelle-t-il.

Selon l’ancien coordonnateur de « 11 Millions de Citoyens », si aucun Camerounais ne déteste le vote, « ils sont nombreux à détester perdre leur précieux temps pour participer à des élections dont les résultats sont connus d’avance ! Si on avait changé le code électoral en 2016, tu n’aurais même pas eu besoin de créer 11 millions d’inscrits, car les Camerounais allaient s’inscrire massivement eux-mêmes ».

Bataille de leadership

Le débat entre le PCRN et le MRC trahit la bataille de leadership qui couve au sein de l’opposition camerounaise depuis la présidentielle de 2018 remportée par Paul Biya (71,28%). Classé 2e avec ses 14,23%, Maurice Kamto a hérité la place de leader de l’opposition devant Cabral Libii 6,28%.

Mais la légitimité du leadership du MRC au sein de l’opposition est contestée depuis que le parti de Maurice Kamto s’est mis « en marge des institutions » en boycottant les élections législatives et municipales du 9 février dernier. En effet, le PCRN, qui compte 05 députés à l’Assemblée nationale, se positionne comme le vrai leader de l’opposition. De ce point de vue, si dans le fond, le parti de Cabral Libii ne s’oppose pas à une réforme du code électoral, le PCRN revendique le lead de cette réforme.  

Pour preuve : « En attendant que les uns et les autres déclinent leurs démarches méthodiques, le PCRN demeure disposé à s’associer à toute initiative mutualisée (partis politiques, société civile organique ou individuelle), devant déboucher sur un consensus autour d’une proposition de ce code électoral. Le parti se propose ensuite pour ce qui est de la démarche institutionnelle, à déposer à l’AN [Assemblée nationale] dans l’intérêt de tous ceux qui l’auront souhaité », conclut Cabral Libii.

Baudouin Enama

Dernière modification le mercredi, 27 mai 2020 09:21

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