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Comment les agents de santé communautaires sont devenus des maillons essentiels du système sanitaire

Comment les agents de santé communautaires sont devenus des maillons essentiels du système sanitaire

Paru le mercredi, 01 septembre 2021 12:54

Les responsables des centres médicaux sont formels : les agents de santé communautaires (ASC) sont devenus un maillon essentiel dans le système sanitaire camerounais, dans un contexte où les hôpitaux font face à un déficit criard en personnel de santé. « Beaucoup de femmes qu’on rattrape qui n’ont pas terminé leur CPN (consultations prénatales, Ndlr) le sont à travers les ASC. Beaucoup d’enfants qu’on réussit à vacciner sans passer par la formation sanitaire le sont grâce à ces agents qui organisent des séances de vaccination dans les villages », affirme Dr Benjamin Awouoyiegnigni Megna, chef du district de santé de Pitoa, dans la région du Nord.

« Tous les enfants qui sont malnutris dans les communautés et dont les parents ne sont parfois pas au courant sont dépistés par ces Asc qui parfois reviennent à l’hôpital juste pour chercher le médicament qu’on va ramener à ces enfants pour leur sortir de leur état de malnutrition », poursuit ce médecin. « Grâce à eux, le taux de paludisme a diminué. On est passé de 50% à 25% au cours des trois derniers mois. Ils nous réfèrent aussi des cas de femmes enceintes, ce qui a boosté le taux d’accouchement. Nous sommes passés de 10 à 30 accouchements par mois », explique Ahmadou Bouba, chef du centre de santé intégré (CSI) de Ngong, localité située à une environ 50km de Garoua.

Motivation

Les ASC sont issus des communautés qu’ils desservent. Ils n’ont pas reçu de formation clinique comme les médecins, les infirmières et les autres professionnels de la santé. Juste une courte formation pour leur permettre de « promouvoir » la santé, d’inciter à la prévention et de faire le lien entre les services de santé et les patients. Ils sont généralement capacités dans le cadre de projets de santé. A l’exemple du Projet d’appui à la santé maternelle, néonatale et infantile (Pasmni) mis en œuvre dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua, de l’Est et du Centre en vue de contribuer à la réduction des décès maternels et infanto-juvéniles.

« Tous les ASC sont polyvalents. Il n’y a plus d’ASC qui mènent des activités uniquement pour le palu ou le VIH. Tout le monde mène les mêmes activités », assure le Dr Awouoyiegnigni. Ces hommes et femmes travaillent de manière bénévole, parcourant de longues distances à pied ou à vélo pour offrir un ensemble intégré de soins et services de santé préventifs et curatifs aux populations. « Je couvre deux villages. Les gens m’appellent quand ils sont malades. Les cas simples, je les traite à domicile et je réfère les plus graves au centre de santé », raconte Apollinaire Ngachape, ASC depuis 2014. Ce dernier trouve sa motivation dans la fierté à contribuer à l’amélioration du bien-être de sa communauté, mais plaide néanmoins pour l’allocation d’une contribution financière pour mieux se déployer.

« Même si c’est du bénévolat, il faut quand même une source de motivation et je pense que la motivation n’est pas toujours pécuniaire. On peut les motiver d’une certaine manière. Ils peuvent par exemple bénéficier d’un certain nombre d’avantages s’ils sont dans une formation sanitaire », avance Dr Awouoyiegnigni. Au Csi de Ngong, les ASC ne paient pas les consultations et leurs femmes sont prises en charge gratuitement lors des accouchements. Une manière pour le chef de ce centre de motiver ces acteurs « sans qui nous ne pouvons pas mener de manière optimale les activités dans la communauté », justifie Ahmadou Bouba.

Patricia Ngo Ngouem, à Garoua

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