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Le ministère de la Santé ouvre un numéro vert pour la dénonciation des abus dans les hôpitaux

Le ministère de la Santé ouvre un numéro vert pour la dénonciation des abus dans les hôpitaux

Paru le jeudi, 18 février 2021 08:38

Pour toute information ou pour toute dénonciation, le ministère de la Santé publique (Minsanté) appelle à composer le numéro vert 1506. « Les usagers ainsi que les personnels de santé victimes ou témoins d’abus dans nos formations sanitaires [sont invités] à le composer gratuitement et de manière responsable entre 8h et 18h », informe le ministre Manaouda Malachie à travers un communiqué du 15 février 2021.

L’ouverture de ce numéro vert trahit l’ampleur des mauvaises pratiques au sein des formations hospitalières. Dans son rapport 2019, la Commission nationale anti-corruption (Conac) a établi un hit-parade des secteurs les plus concernés par les dénonciations de corruption dans lequel la Santé se classe 9è.

En effet, dénonce un usager, les formations hospitalières constituent « un terreau fertile aux pratiques comme le monnayage des actes, le vol des médicaments des malades par les personnels soignants, le racket des usagers ou le détournement des patients des hôpitaux publics vers les cliniques privées ».

S’ils sont très souvent présentés comme des bourreaux, les personnels soignants passent parfois pour des victimes. « Les cas sont aussi légion des personnels de santé brutalisés par les patients ou leurs proches en réaction à de prétendus abus ou à de supposées négligence dans la prise en charge des patients », rappelle un médecin. Au sein de la corporation, on redoute déjà que cette initiative ne serve qu’à saper le moral des personnels de santé en faisant planer sur eux des menaces de sanctions.

C’est d’ailleurs ce que soutient Alphonse Ateba Ndouma, ancien journaliste : « Oui, j’utilise le 1506, le numéro vert opportunément ouvert, pour dénoncer un projet maléfique d’anéantissement du corps médical par un père fouettard particulièrement porté par une hystérie des sévices. Soignons d’abord le corps médical, et lui saura nous soigner ».

« L’actuel ministre de la Santé publique n’a pas attendu ce numéro vert pour sanctionner les personnels de santé indélicats. Ce qui va changer, c’est que cette ligne lui offre un large spectre pour davantage sévir. Mais l’objectif premier du numéro vert est de provoquer un changement des comportements par la peur des dénonciations et des sanctions », soutient-on au Minsanté.

Même si, ici, on reste vague sur les mesures prises pour la protection des auteurs des dénonciations afin de ne pas les décourager ou de leur éviter d’éventuelles représailles. Car le Minsanté est loin d’être la première administration publique à se doter d’un numéro vert. Mais très souvent, les expériences ont tourné court, faute de dispositions pour l’encadrement et le suivi d’une initiative pourtant louable.

Mais ce n’est pas tout. « Il faut encore éduquer les gens à une utilisation responsable des numéros verts, car beaucoup, en raison de leur gratuité, prennent un malin plaisir à passer des appels fantaisistes », regrette un sapeur-pompier.

Dominique Mbassi

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