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Fiscalité, quotas, financement... : zoom sur la stratégie gouvernementale pour booster la production locale

Fiscalité, quotas, financement... : zoom sur la stratégie gouvernementale pour booster la production locale

Paru le mardi, 07 juillet 2020 18:42

Le Cameroun compte implémenter une nouvelle stratégie pour booster la production locale. Les grandes lignes de cette stratégie sont contenues dans le Document d’orientation budgétaire pour la période allant de 2021 à 2023.

La démarche gouvernementale vise à accroître de l’offre nationale en produits de consommation de masse et réduire les importations qui contribuent à déséquilibrer la balance commerciale du pays. Il s’agit notamment du riz, du maïs, du blé, du poisson, du lait, des produits textiles. Le bois, les mines et la métallurgie, l’industrie pharmaceutique et biomédicale sont également concernés par cette nouvelle stratégie de promotion du « Made in Cameroon ».

Pour atteindre cet objectif, l’État prévoit d’implémenter une batterie de mesures visant à encourager la consommation des produits locaux et à renforcer les moyens de production des acteurs locaux.

D’après le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, l’ambition camerounaise pourrait passer par un mécanisme d’import-substitution qui « sous-tendra toutes les mesures de politiques publiques qui auront un meilleur impact sur la croissance et sur la réduction des inégalités. Il s’agira de promouvoir la production des biens et services qui contribuent au déficit de la balance commerciale dans la perspective de son rééquilibrage progressif ».

Levée des exonérations

De façon concrète, le Minfi propose de procéder dès 2021 à une réduction ou une suppression progressive des exonérations sur certains produits d’importation (riz, maïs, blé, poisson) qui grèvent la balance commerciale. Il propose par ailleurs de plafonner les financements bancaires afférents à ces importations et de limiter les volumes des produits importés.

Entre 2017 et mars 2020, le Cameroun a déboursé 403,5 milliards de FCFA pour importer du blé, environ 12 milliards de FCFA pour acheter du maïs à l’étranger et 606,7 milliards pour importer du riz, soit un total de 1022,2 milliards de FCFA de dépenses d’importation en moins de trois ans, pour ces seuls produits.

Fonds spécial

À côté de ces mesures relevant de la fiscalité, le gouvernement annonce des dispositions particulières pour les filières légumineuses et féculents dont la production est susceptible de compenser le gap de la demande inhérent à la réduction des importations.

L’une des plus importantes est la constitution d’un fonds spécial destiné au financement de la promotion et au développement de ces filières. Ce fonds serait alors alimenté par les droits et taxes de douane résultant de la ré-fiscalisation progressive de ces produits. « Il pourrait faire l’objet soit d’un compte d’affectation spécial géré par un Office national des légumineuses et des féculents qui sera créé, soit être affecté au budget des ministères chargés du développement de ces cultures », propose le ministre des Finances.

À côté de ces dispositions, figurent en bonne place, l’idée de l’élaboration d’une fiscalité (interne et de porte) spécifique pour la promotion de l’agriculture et surtout l’obligation d’incorporer un certain pourcentage des produits locaux dans la production de certains biens. « Il pourrait ainsi être demandé aux boulangers d’incorporer un certain pourcentage de produits locaux de substitution (farine de patate, de manioc, de maïs) dans le pain », explique-t-on.

Baudouin Enama

Dernière modification le mercredi, 08 juillet 2020 04:57

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