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L’avortement clandestin, un crime puni par la loi, constitue une cause majeure d’infertilité et de mortalité maternelle

L’avortement clandestin, un crime puni par la loi, constitue une cause majeure d’infertilité et de mortalité maternelle

Paru le mercredi, 29 septembre 2021 17:10

« L’avortement est l’une des principales causes de mortalité maternelle et de l’infertilité au Cameroun. Beaucoup de femmes qui cherchent à avoir des enfants aujourd’hui ont pour la plupart eu à pratiquer un avortement clandestin par le passé ».

Ce constant est du Pr. Pascal Foumane, gynécologue et chef du service gynécologique à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (HGOPY) dans une interview au quotidien Cameroon tribune, à l’occasion de la journée mondiale de l’avortement clandestin le 28 septembre 2021.

D’après la présidente de l’Association des sages-femmes et assimilées du Cameroun, Annie Hortense Atchoumi, une étude réalisée en 2017 a établi que plus de 33 % de jeunes filles de la tranche 20-24 ans perdent la vie à cause d’un avortement à risque. Ce taux chute à 24 % pour celles dont l’âge oscille entre 25 et 29 ans.

« Sur le plan médical, un avortement clandestin est un avortement à risque et expose à de nombreuses complications, notamment des infections très graves avec perforations digestives. Parfois pour sauver la patiente, l’on a recours aux mutilations d’organes », prévient le Pr. Pascal Foumane.

Le recours à la clandestinité est encouragé par l’illégalité qui frappe la pratique au Cameroun, qui considère toute forme d’avortement comme un crime. « Ce n’est que lorsqu’il est prouvé qu’une grossesse met en danger la vie de la mère que l’avortement est permis au Cameroun. En cas de viol également, l’avortement est autorisé », précise le gynécologue.

Hormis ces deux cas, le Code pénal punit « d’un emprisonnement de 15 jours à un an et d’une amende de 5000 à 200 000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement la femme qui se procure l’avortement à elle-même ou qui y consent ». La même loi « punit d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de 100 000 à 2 000 000 francs celui qui, même avec son consentement, procure l’avortement à une femme ». Ces dernières peines sont doublées pour toute personne se livrant habituellement à l’avortement ou exerçant une profession médicale ou en relation avec celle-ci.

Mais, au regard des forts taux de mortalité et d’infertilité, les sociétés des obstétriciens et des gynécologues militent pour la promotion d’un avortement sécurisé.

D.M.

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