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Affaire des équipement médicaux à 7 milliards FCFA : au-delà de la polémique, les faits

Affaire des équipement médicaux à 7 milliards FCFA : au-delà de la polémique, les faits

Paru le samedi, 06 mars 2021 11:38

 

Au-delà de la polémique qui a suivi une communication de Manaouda Malachie, le ministre camerounais en charge de la santé publique, « l’affaire des 7 milliards de Francs CFA » est une vraie fausse polémique, selon de nouvelles informations collectées par le site Stopblablacam, la première plateforme web dédié au factchecking sur les actualités du pays.

Tout est parti d’un post fait le 28 février 2021 par la cellule de communication du ministère de la santé publique, dans lequel il est évoqué un nombre de 10 véhicules médicaux réceptionnés et d’un projet global de 7 milliards de Francs CFA. Ce post a poussé certains commentateurs sur les réseaux sociaux, à faire un parallèle avec un projet d’acquisition de 162 ambulances en 2017 au Sénégal pour le même montant.

D’autres ont poussé la dérision plus loin en annonçant que des réfrigérateurs avaient été acquis pour 7 milliards de Francs CFA, ajoutant encore plus à la polémique. Ces informations ont parcouru diverses plateformes de réseau sociaux, alors que plusieurs audits sont annoncés sur les fonds ayant été engagés dans le cadre de la ressource.

Le service factchecking de l’Agence France Presse a publié un démenti de ces allégations, s’appuyant sur des documents du ministère de la santé publique. Il ressort en effet que les 7 milliards annoncés ne seront pas seulement dépensés sur l’achat de véhicules, mais sur une liste plus longue d’équipement médicaux. Une chose que le ministre Manaouda a aussi expliqué dans un post sur twitter.

Mais cela n’a pas suffit a satisfaire les sceptiques. Certaines personnes, connues de l’opinion publique camerounaise, ont même exigé que les contrats de marchés publics relatifs à cette acquisition soient rendus publics, pour plus de transparence. Et tweet a été apprécié par de centaines de personnes, bien que peu pertinent dans le cadre du processus qui a mené à l’acquisition des équipements au centre des polémiques.

Sur ce dossier, le Cameroun a juste été bénéficiaire, et n’est intervenu que pour signer l’accord de financement. Cela justifie, la présence des instances de l’ONU, au moment de la réception du lot. Dans la réalité des faits, le ministère camerounais de la santé publique n’a pas touché un seul franc sur ce projet et n’a passé aucun contrat.

En juillet 2020, la Banque Islamique de Développement qui soutient le Cameroun sur plusieurs projets, a accordé une facilité de 27,4 millions $, pour renforcer le système de santé publique et permettre au pays de mieux répondre à la pandémie de Covid-19. « La BID et le Gouvernement sont convenus de confier l’exécution des activités du projet au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), au Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) et au Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) », peut-on lire dans un communiqué accessible au grand public. Le PNUD a la responsabilité d’acheter les équipements justement pour 13,8 millions $ (7 milliards de Francs CFA), tandis que l’UNOPS, lui, aidera aux aspects de logistique, gestion de contrats et du projet tout entier pour 9,1 millions $. Une dernière tranche de 4,2 millions $ est gérée par l’UNICEF.

Ce montage de financement a aussi été rappelé dans des concepts plus techniques, par Eyenga Elisée Amour, un expert en finances publiques, en service au ministère de la santé publique. « A toutes fins utiles, le mécanisme financier de ce projet se fonde sur une livraison des prestations par l'agence d'exécution et le paiement après vérification par le partenaire financier (BID), donc il n'y a aucune manipulation de ressources par le Minsante », a-t-il fait savoir dans un tweet qui a reçu moins de sentiments positifs.

Cet épisode rappelle toutefois la difficulté des autorités camerounaises, à communiquer parfois sur des sujets, où une simple présentation des faits permettrait d’éviter des débats non argumentés, ou basé sur des faits inexistants ou tronqués. Cela traduit aussi le niveau de soupçon qu’il y a entre les gouvernés et les gouvernants, les premiers étant convaincus que les deuxièmes sont toujours impliqués dans des forfaits.

Idriss Linge

Dernière modification le samedi, 06 mars 2021 12:49

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