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Zenith de Paris : le succès de Valsero terni par la présence des sécessionnistes

Zenith de Paris : le succès de Valsero terni par la présence des sécessionnistes

Paru le lundi, 20 septembre 2021 09:53

Le samedi 18 septembre le rappeur camerounais Valsero a fait salle comble au Zénith de Paris. Organisé sous le thème de l’unité nationale, l’événement a connu la présence de plusieurs personnalités de l’univers culturel et politique camerounais. Notamment l’opposant Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, la chanteuse Kareyce Fotso, le bassiste Richard Bona proche du MRC, le doyen André Marie Talla et la jeune rappeuse Lady B.

Selon les statistiques de l’organisation, plus de 7 000 personnes issues de la diaspora camerounaise et africaine ont assisté à ce concert. Si ces chiffres sont contestés par certains activistes sur les réseaux sociaux, l’événement a été un succès sur le plan culturel, soutient-on dans l'entourage du rappeur connu pour ses positions contre le régime de Yaoundé.

Cependant, le rendez-vous musical a surtout été un cadre d’expression pour son parti politique le MRC qui a revendiqué la libération de ses militants incarcérés. Valsero a par ailleurs appelé au retour à la paix dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest en crise.

Mais au sein de l’opinion, l’événement est au centre d’une vive polémique suscitée par la présence dans la salle de spectacle, des militants de la cause séparatiste des régions anglophones du Cameroun.

En effet, des images du concert en circulation sur les réseaux sociaux montrent des spectateurs brandissant des drapeaux de l'« Ambazonia », nom désignant l’Etat chimérique revendiqué par ces sécessionnistes. Cette présence est critiquée par plusieurs internautes et hommes politiques. Ils y voient la preuve d’une accointance entre le parti de Maurice Kamto et le mouvement sécessionniste.

En guerre contre l’armée camerounaise, la branche armée du mouvement sécessionniste, constituée de milices, est accusée d’assassiner, violer, piller et terroriser les populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

L’universitaire Owona Nguini s’est indigné de voir côte à côte le drapeau camerounais et la bannière ambazonienne.

Une position partagée par plusieurs autres personnes sur les réseaux sociaux.

Joint par téléphone, Me Simh, avocat du MRC nie toute « affinité » entre le MRC et les séparatistes. « Pour plus de 7000 personnes, il est bien difficile d’identifier qui est qui … Mais la position du MRC sur la situation dans le NOSO est connue : nous sommes contre la sécession et voulons un dialogue franc pour le retour de la paix dans ces régions ».

Alors que jusqu’ici ni l’artiste, ni le président du parti ne se sont exprimés sur la question, pour l’avocat aux barreaux du Cameroun, « on ne va pas communiquer sur tout, tout le temps. Nous restons fidèles à notre opinion ».

Rappelons que ce n’est pas la première fois que les séparatistes anglophones s’incrustent dans les événements du MRC. En février 2020, lors d’un meeting tenu à Toronto au Canada, Maurice Kamto avait refusé toute discussion avec les séparatistes anglophones. Le président du MRC refusait alors de s’afficher aux côtés de ces derniers arborant les emblèmes de l’Etat virtuel d’Ambazonie.

Vanessa Ngono Atangana

Dernière modification le lundi, 20 septembre 2021 09:59

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