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Marché : comprendre l’effet positif du coronavirus sur les prix de la tomate

Marché : comprendre l’effet positif du coronavirus sur les prix de la tomate

Paru le mardi, 30 juin 2020 12:32

Dans l’une des rues de Yaoundé, la capitale du Cameroun, on assiste ce vendredi 26 juin 2020 à une scène peu courante. Une camionnette pleine de tomates propose le cageot au prix défiant toute concurrence de 1800 FCFA. L’offre fait son effet. De nombreuses femmes accourent pour profiter de cette « opportunité ».

Selon des experts rencontrés, au-delà du fait que c’est la saison de la tomate, la baisse des prix est le fait du Covid-19. En effet, expliquent-ils, la spéculation, qui entretient la hausse des prix de ce fruit, est aujourd’hui rendue difficile du fait de la pandémie de coronavirus.

À en croire les revendeurs de ce produit, dans une exploitation normale, un cageot de tomates qui est vendu à 2500 francs CFA permet de dégager une marge commerciale de 30% après avoir soustrait toutes les charges (achat de la marchandise, approvisionnement...). Or, il y a des périodes où le cageot de tomate est vendu, selon des ménagères, à près de 12 500 FCFA.

La raison est simple. Avant la Covid-19, les clients équatoguinéens et gabonais avaient l’habitude de fixer le prix d’achat du cageot de tomates au-delà de 10 000 FCFA pour avoir la garantie de s’approvisionner. Le prix de référence est ainsi connu de tous, comme c’est le cas pour le pétrole au niveau international.

Avec la pandémie et ses difficultés de déplacement, ce « prix de référence du marché » a volé en éclat, ramenant les prix à leurs valeurs réelles. Pour l’instant, les consommateurs de Douala et de Yaoundé (environ 10 millions d’habitants) profitent de la situation.

Incertitude sur l’avenir

Mais la question de la durabilité de cette « manne de tomates » est posée. Les acteurs de la filière expliquent qu’au regard du prix de référence élevé par rapport au seuil de rentabilité de base, plusieurs personnes se sont lancées dans la production de la tomate. Et la hausse de la production peut avoir un impact sur le jeu de l’offre et la demande. Il n’est donc pas exclu que la correction des prix perdure.

Par ailleurs, en l’absence d’une filière coordonnée et organisée, il arrive toujours une période de rareté du fruit. Il est donc à craindre que les vendeurs essayent durant ces moments-là de rattraper toutes les pertes de la période des grandes offres afin de stabiliser leurs revenus annuels entrainant ainsi une hausse des prix.

Le gouvernement avait pris l’option de s’impliquer dans la filière en finançant la construction des usines de transformation et des unités de conservation de tomates. La suite donnée à ces projets n’est pas clairement expliquée. Au ministère du Commerce, on se félicite du niveau bas actuel des prix. Mais on reconnait que, pour l’heure, il n’y a pas une stratégie visant à les influencer durablement vers le bas.

Idriss Linge

Dernière modification le mardi, 30 juin 2020 13:01

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