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Des cadeaux fiscaux de 192 milliards de FCFA accordés aux importateurs de riz, poissons, maïs, soja et gaz en 2019

Des cadeaux fiscaux de 192 milliards de FCFA accordés aux importateurs de riz, poissons, maïs, soja et gaz en 2019

Paru le mardi, 07 juillet 2020 10:36

Selon les chiffres du ministère des Finances (Minfi), les cadeaux fiscaux (dépenses fiscales ou exonérations fiscales) accordés aux importateurs de riz, poisson, maïs, soja et gaz sont chiffrés à 191,9 milliards de FCFA au terme de l’exercice 2019, pour 2,14 millions de tonnes de produits.

Dans le détail, l’État a perdu 44,3 milliards pour l’importation de 185 744 tonnes de poissons congelés. La dépense fiscale pour 866 940 tonnes de blé se situe à 48,8 milliards de FCFA. Celle du maïs se chiffre à 700 millions pour une quantité de 14 627 tonnes. Pour les 905 107 tonnes de riz importé, la dépense fiscale est de 79,1 milliards. Les tourteaux de soja ont englouti 4,8 milliards de FCFA pour une quantité de 64 182 tonnes. Le butane liquéfié (gaz) a coûté à l’État une dépense fiscale de 13,2 milliards de FCFA pour une quantité de 113 267 tonnes.

Au-delà de son coût budgétaire considérable, ces dépenses fiscales soulèvent des problèmes d’efficacité et d’équité entre les citoyens et les entreprises. À titre d’illustration, il ressort du rapport sur la dépense fiscale, annexé au projet de loi de finances 2020, que les exonérations de TVA sur les biens de première nécessité (46% de la dépense fiscale en matière de TVA), en principe destinées aux ménages vulnérables, bénéficient pour seulement 5,8% à ces derniers contre 40,8% aux ménages aisés.

Pour renverser la tendance, le gouvernement camerounais a l’intention réduire la dépense fiscale dans le cadre de la loi de finances 2021, en cours de préparation. Il est ainsi prévu : la hausse du droit de douane de 5% à 10% pour le poisson et le riz, une augmentation du droit de douane de 0% à 5% pour le blé ; une hausse du droit de douane de 5% à 30% pour le maïs et les tourteaux de soja. Concernant le butane, l’État prévoit la restauration de la TVA.

Toutefois, indique le Minfi, cette réduction de la dépense fiscale doit s’accompagner d’une véritable politique de transformation profonde de l’économie. Pour cela, le gouvernement devra prendre d’importantes mesures correctives ou compensatrices afin que la réduction ou la suppression des exonérations sur certains produits n’entraînent pas de monopole en faveur de certaines entreprises ou des pénuries sur le marché local. En tout état de cause, cette suppression de la dépense fiscale doit s’accompagner de l’augmentation de la production locale sur les produits concernés.

Sylvain Andzongo

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