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Covid-19:  l’État va dépenser 131 milliards de FCFA pour soutenir l’économie

Covid-19: l’État va dépenser 131 milliards de FCFA pour soutenir l’économie

Paru le lundi, 11 mai 2020 14:53

Si l’on s’en tient aux sorties des directeurs généraux des Impôts et de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) dans le quotidien gouvernemental, Cameroon Tribune en fin de semaine dernière, les premières mesures gouvernementales anti-Covid-19, visant à soutenir les entreprises et les ménages, coûteront 131 milliards de FCFA au Trésor public.

À en croire Modeste Mopa Fatoing, elles coûteront 114 milliards de FCFA aux recettes fiscales. Concrètement, a-t-il détaillé, ce manque-à-gagner sera enregistré sur les recettes fiscales internes, à hauteur de 92 milliards de FCFA, tandis que les recettes douanières, elles, seront amputées de 22 milliards de FCFA.

En effet, parmi les 19 mesures édictées par le Premier ministre camerounais le 30 avril 2020, lesquelles visent à amortir le choc subi par les ménages et les entreprises à cause des restrictions liées à la lutte contre le Covid-19, nombre d’entre elles conduiront à la réduction des recettes de l’État.

Il en est ainsi de la suspension, pour une période de trois mois, du paiement des frais de stationnement (pénalité pour occupation de l’espace portuaire au-delà des jours de franchise) et de surestaries (pénalité sur détention du conteneur sur un terminal au-delà des délais de franchise) dans les ports de Douala et de Kribi, en ce qui concerne les produits de première nécessité. Il s’agit-là d’une mesure qui aura un impact sur les recettes douanières.

Par ailleurs, au plan fiscal, le gouvernement a prescrit la déductibilité totale pour la détermination de l’impôt sur les sociétés des dons et libéralités consentis par les entreprises pour la lutte contre la pandémie du Covid-19 ; l’exonération de la taxe à l’essieu du 2e trimestre ; l’exonération de la taxe de séjour dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration pour le reste de l’année 2020, à compter du mois de mars 2020.

Relèvement des pensions sociales

Le même jour, le gouvernement a aussi décidé de l’annulation des pénalités de retard de paiement des cotisations sociales dues à la CNPS, du paiement entre mai et juillet des allocations aux travailleurs dont les employeurs peinent à s’acquitter de leurs cotisations sociales, de l’augmentation des allocations familiales de 2800 à 4500 FCFA ou encore de la revalorisation de 20% des pensions.

« S’il faut chiffrer tout cela, le relèvement des anciennes pensions nous coûtera 12 milliards de francs et les allocations familiales 5 milliards de francs. Le report d’encaissement des cotisations sociales est quant à lui évalué à environ 15 milliards », a indiqué de son côté le directeur général de la CNPS.

En plus d’un report d’encaissement des cotisations sociales d’environ 15 milliards, ces mesures coûteront donc 17 milliards de FCFA à la CNPS. « Le package que le chef de l’État nous demande de supporter pour soutenir sa politique est donc très significatif », note Alain Noël Olivier Mekulu Mvondo Akame. Le DG de la CNPS souligne que Paul Biya « a décidé ces mesures en toute responsabilité, dans la mesure où il sait que nous en trouverons les moyens ». En effet, l’organisme revendique une réserve financière de plus de 200 milliards de FCFA.

Insatisfactions

Au demeurant, bien qu’elles soient financièrement lourdes pour l’État, ces mesures n’ont pas eu le don de satisfaire les entreprises. « (…) Nous déplorons l’absence de mesures douanières, de remboursement de la dette intérieure et la non-mobilisation des leviers bancaires (…) Globalement, nous considérons que ce premier train de mesures constitue une amorce vers l’objectif que nous appelons de nos vœux : celui de contenir les dérapages et dysfonctionnements économiques », a indiqué le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), dans un communiqué rendu public le 4 mai 2020.

« 19 mesures ont été édictées. Elles peuvent paraître nombreuses sur le plan quantitatif. Mais, sur le plan qualitatif, elles me laissent un peu sur ma faim », a de son côté indiqué Protais Ayangma, président d’Ecam, un regroupement patronal qui défend les intérêts des PME. D’ailleurs, pour M. Ayangma, les entreprises de cette catégorie sont « les moins bien loties » par les dernières mesures gouvernementales.

Brice R. Mbodiam et Dominique Mbassi

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