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Dialogue public-privé : Shanda Tonme soupçonne le Gicam de vouloir dicter sa volonté à l’Etat

Dialogue public-privé : Shanda Tonme soupçonne le Gicam de vouloir dicter sa volonté à l’Etat

Paru le lundi, 19 avril 2021 10:21

Dans une correspondance adressée le 17 avril 2021 à Célestin Tawamba, président du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), Jean-Claude Shanda Tonme, sous la casquette de « médiateur universel », exprime « sa peine et sa gêne » en prenant « connaissance à travers les réseaux sociaux » du courrier adressé par le président du plus important syndicat des patrons au ministre de la Justice (Minjustice), Laurent Esso.

En effet, dans une lettre datée du 15 avril, Célestin Tawamba rappelle au Minjustice que la rencontre d’échanges avec les opérateurs économiques programmée un jour plus tôt « était prévue avec le ministre d’Etat, ministre de la Justice, garde des Sceaux ».  « Pour ces raisons, nous sommes dans le regret de ne pas pouvoir accueillir la délégation qui est annoncée dans votre correspondance », écrit le président du Gicam au Minjustice, victime d’un empêchement de dernière heure et qui a désigné le ministre délégué au Minjustice, Jean de Dieu Momo, pour le représenter.

Le refus du Gicam d’échanger avec cette délégation est perçu par Jean-Claude Shanda Tonme comme un « risque d’exposer délibérément votre organisation comme un corps en mesure de dicter à la puissance publique, et par ailleurs d’ordonnancer le protocole de la représentation nationale. »

Et de s’interroger : « Le Gicam aurait-il la compétence d’imposer au chef de l’Etat directement ou à son gouvernement indirectement l’identité, la nature, le statut, le rang et la qualité des plénipotentiaires de la République du Cameroun désignés par lui en vertu de ses pouvoirs et prérogatives ? »

Du coup, pour celui qui est par ailleurs leader de parti politique, cette attitude est de nature à contribuer « à amplifier les vœux des esprits malveillants, soucieux de semer l’anarchie, le désordre et des querelles inutiles dont la fixation négative ou positive sur certaines personnalités apparait comme le but inavoué ».

Pour sa part, l’économiste Emmanuel Noubissie Ngakam, ancien conseiller spécial d’André Siaka (ex-président du Gicam), regrette « la tournure qu’a prise cette affaire qui aurait pu se gérer autrement sans qu’aucune partie ne perde la face. Il faudrait redouter que le fil du dialogue soit rompu entre le Gicam et le ministère de la Justice dont le rôle dans l’amélioration du climat des affaires est fondamental ».

Or, d’après différents rapports, notamment le classement Doing Business, les réformes judiciaires sont celles qui trainent le plus pour améliorer le climat des affaires.

D.M.

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