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Lutte contre le Covid-19 : l’appui de l’État aux arrondissements fait grincer les dents

Lutte contre le Covid-19 : l’appui de l’État aux arrondissements fait grincer les dents

Paru le jeudi, 07 mai 2020 16:02

Depuis plusieurs semaines, les arrondissements du Cameroun reçoivent des produits et de matériels dédiés à la riposte contre le coronavirus. Présentée comme un « don spécial du chef de l’État » par le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji, qui en assure la distribution, cette initiative vise à « renforcer auprès des populations les mesures visant à contenir la propagation du Covid-19 au Cameroun », selon le Minat.

Composé de 50 000 cartons de savon de lessive, 75 000 seaux de ménages, 40 000 bidons lave-mains d’une capacité de 30 litres chacun, et 1,5 million de masques de protection pour les populations, cet appui de l’État fait débat au sein de l’opinion.

Transparence

Des acteurs de la scène politique et même de la société civile exigent la transparence dans la gestion de cet appui évalué à 2 milliards de FCFA et destiné aux populations des 360 arrondissements que compte le pays. « Est-ce trop demander, que les quantités et les listes par région soient publiées au nom de la transparence ? », s’est interrogé sur un post publié le 6 mai dernier sur son compte Twitter, l’ancien bâtonnier Akeré Muna, soutien de Maurice Kamto, lors de l’élection présidentielle de 2018.

De façon implicite, le créateur de la branche camerounaise de Transparency International critique l’absence d’informations dans la constitution des lots acheminés aux populations. Selon des internautes qui regrettent cette absence d’informations, les populations de chaque arrondissement devraient connaitre avec précision ce qu’elles sont en droit d’attendre de cet appui pour s’assurer le moment venu que les lots remis sont conformes.

Le rôle des municipalités

La place réservée aux collectivités territoriales décentralisées (CTD) dans la gestion de cet appui de l’État est également sujette à caution. Après le grand dialogue national à l’issue duquel le chef de l’État s’est résolu à accélérer le processus de décentralisation au Cameroun, le rôle central qu’occupent les autorités administratives (gouverneurs, préfets et sous-préfets) dans la gestion de l’appui de l’État est mal perçu. Notamment chez les maires des communes d’arrondissement.

Cette situation est évoquée par le maire de la commune de Foumban dans la région de l’Ouest. « Vu le contexte de décentralisation, les maires ne sauraient plus être les vice-présidents des Commissions dirigées par les sous-préfets : les textes sont clairs en matière de contrôle de la légalité des actes pris par les CTD, il s’exerce a posteriori, avec en toile de fond, le principe de la libre administration comme essence de la décentralisation », avance Patricia Tomaïno Ndam Njoya dans une lettre adressée au chef de l’État le 5 mai dernier.

Inadéquation de l’offre

Dans cette correspondance, l’ancienne députée qui tient désormais le lead de l’Union démocratique du Cameroun (UDC) relève par ailleurs l’inadéquation entre l’offre et les besoins réels des populations de sa commune. « Nous avons besoin des kits de dépistage, d’appareils respiratoires, mais aussi de prise en charge sociosanitaire, d’aménagement des sites pour approvisionnement, de mise en quarantaine, d’inhumation, de mobilisation et sensibilisation des populations en ordre varié et spécifique », énumère-t-elle.

Au lancement de l’opération, le Minat a pourtant annoncé des kits de test de dépistage rapide et des appareils d’assistance respiratoire dans son listing. Mais pour ce matériel destiné aux formations hospitalières, la communication du Minat n’a pas précisé les quantités mobilisées.

Pour le maire de Foumban, cette inadéquation observée dans certaines unités administratives aurait été évitée en consultant les exécutifs communaux. « Nous aurions pu, à l’attention de votre haute gouverne, indiquer notre option pour sa mise à disposition ou affectation dans les différents comptes bancaires ou consignations spéciales, afin que chaque commune, en fonction de son plan de riposte, engagé depuis le début du mois de mars, pressente ses besoins réels en ce moment », regrette l’opposante.

Baudouin Enama

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