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Climat sociopolitique : le brulot d’un évêque contre le régime de Yaoundé

Climat sociopolitique : le brulot d’un évêque contre le régime de Yaoundé

Paru le mercredi, 16 septembre 2020 12:16

Abraham Kome (photo), évêque de Bafang à l’Ouest du Cameroun s’inquiète pour le Cameroun. Dans une déclaration écrite, publiée le 14 septembre dernier, ce prélat de l’Église catholique romaine passe au peigne fin le climat sociopolitique du pays de Paul Biya.

« Depuis un moment, notre pays ne vit plus dans la perspective de son progrès, mais dans le vertige d’un chaos grandissant », regrette-t-il d’entrée de jeu. Dans la suite de son brulot de deux pages, l’évêque impute cet état de choses au régime en place. Outre l’enracinement « profond » du « régime dans le jacobinisme » qu’il critique, Aham Kome dénonce « le désir de pérenniser le contentement de l’élite dirigeante ».

À l’aune de la première élection des conseils régionaux du 6 décembre prochain, les mécanismes de dévolution du pouvoir n’échappent pas à la critique du prélat. « Le refus jusqu’à ce jour de donner à notre pays un processus électoral à même de porter aux responsabilités ceux que le plus grand nombre aurait librement choisis, apparaît comme un stratagème au service de cette pérennisation aux fruits amers pour le plus grand nombre de citoyens », charge-t-il.

Manifestations

Au moment où certains partis politiques de l’opposition appellent les populations à descendre dans la rue pour « arracher un changement de cap », l’évêque de Bafang dit avoir été interpellé par ses ouailles. À ce sujet si les appels au soulèvement participent « des stratégies d’affranchissement », le prélat émet des réserves sur l’efficacité de cette démarche.

« La révolution la plus déterminante pour la société aujourd’hui consiste donc à comprendre soi-même et apprendre à nos enfants que l’Homme n’est pas fait pour le confort de son contentement personnel, mais pour la joie enivrante du don de soi au service du commun », écrit l’évêque. Et d’ajouter : « ce sol solide se construit principalement par le moyen d’une éducation conséquence que chaque parent, qu’il soit biologique ou sociologique, peut efficacement donner, un moment le plus opportun, aux enfants placés sous son autorité ».

Réactions

Dans l’opinion cette sortie d’Abraham Kome, par ailleurs président en exercice de la Conférence épiscopale du Cameroun, est diversement apprécié. Officiellement la classe politique de l’opposition n’a pas réagi à cette communication. Pour certains analystes politiques, le discours de l’évêque Kome est ambigu dans la mesure où il ne tranche pas s’il faut manifester ou non. Toutefois, il décourage « implicitement » l’implication des fidèles dans la démarche du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), jugée « insurrectionnelle » par le pouvoir.

Mais au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), on a un avis contraire. Le parti au pouvoir fait prévaloir que le prélat ne dénonce pas explicitement les projets de marche du leader du MRC et de ses affidés. Dans un communiqué commis ce 15 septembre, le secrétaire à la communication du RDPC, Jacques Fame Ndongo, insinue même que le président de la Conférence épiscopale « demande aux populations de descendre dans la rue pour arracher un changement de cap ».

Le communicant du parti du flambeau ardent prend également le contrepied du ministre du Culte au sujet du caractère Jacobin du système politique exercé au Cameroun. « En 2020, l’État du Cameroun n’est pas “Jacobin”. C’est un État unitaire décentralisé. Et le processus n’est pas statique : l’avènement des conseils régionaux va optimiser cette décentralisation. Qui mieux est, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest auront un statut spécial », oppose-t-il au prélat.

Baudouin Enama

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