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Le Laakam vole au secours du chef supérieur Bamendjou, Jean Rameau Sokoudjou

Le Laakam vole au secours du chef supérieur Bamendjou, Jean Rameau Sokoudjou

Paru le vendredi, 22 janvier 2021 16:23

Le Laakam, une association des notables et dignitaires traditionnels Bamilékés, prend position au sujet de la crise qui oppose le chef supérieur de la communauté Bamendjou, Jean Rameau Sokoudjou, au préfet du département des Hauts-plateaux dans la région de l’Ouest, Yampen Ousmanou.

En guise de « mise en garde », cette société secrète traditionnelle a publié une lettre ouverte hier jeudi 21 janvier, pour exprimer son indignation à l’endroit d’« un administrateur civil qui veut étouffer le peuple des Grassfields ».

« Nous vous mettons en garde contre toute tentative de musèlement du pouvoir traditionnel en place et vous promettons une réponse proportionnelle si vous insistez dans vos tentatives d’intimidation et de suppression de la liberté d’expression des autorités traditionnelles non soumises à la merci du pouvoir politique en place », avise le Laakam.

Début de l’affaire

La sortie du Laakam intervient deux jours après un rappel à l’ordre servi le 19 janvier dernier par le préfet du département des Hauts-plateaux au roi des Bamendjou. C’était après le passage du doyen des chefs traditionnels de la région l’Ouest à l’émission de grande écoute « La Vérité en Face » diffusée par la chaîne Equinoxe Télévision, édition du 10 janvier 2021. Le monarque qui s’était alors longuement exprimé sur le conflit en zone anglophone s’est montré critique vis-à-vis du gouvernement au sujet de la gestion de cette crise. Cette attitude a suscité l’ire de l’autorité administrative.

Dans sa correspondance du 19 janvier, Yampen Ousmanou est monté au créneau pour taper sur les doigts du chef traditionnel récalcitrant. « En dépit de ma mise en garde […], vous continuez à agir en marge des textes en vigueur, au travers des propos de nature à mettre en péril la stabilité des institutions républicaines et la légitimité de celui qui les incarne », a écrit l’autorité administrative. Et de menacer :« Toute nouvelle sortie cybernétique ou médiatique intempestive de votre part, au mépris du respect de l’Etat de droit et des institutions de la République, vous exposera à la rigueur de la loi ».

Mi-chef, mi-opposant

Ce n’est pas la première fois que Jean Rameau Sokoudjou est aux prises avec l’autorité administrative. En juillet 2020, le préfet avait par exemple réprimandé cette autorité traditionnelle pour avoir « organisé et présidé dans [sa] chefferie, une concertation publique non déclarée… en violation de la loi n° 054 du 19 décembre 1990 ».

Agé de 81 ans, dont 68 comme chef de Bamendjou, une chefferie de 2e degré, Jean Rameau Sokoudjou fait partie des rares monarques qui critiquent le régime de Yaoundé. Dans le sérail, on le suspecte de rouler pour l’opposant Maurice Kamto,  natif de Baham (chef-lieu des Hauts-plateaux) et président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Et s’il nie toute appartenance à un quelconque parti politique, aux yeux de l’opinion publique, ces sorties et déclarations  font de lui au moins un sympathisant. Même si le « roi rebelle » ne manque jamais l’occasion d’égratigner l’opposition politique camerounaise minée par des batailles de leadership… voire de personnes.

Baudouin Enama

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