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Crise anglophone : Yaoundé attaqué depuis les États-Unis

Crise anglophone : Yaoundé attaqué depuis les États-Unis

Paru le dimanche, 29 novembre 2020 04:30

Dans une tribune libre, publiée le 22 novembre dernier sur le site du magazine américain Foreign Policy, le Cameroun est accusé de tromper la communauté internationale dans son engagement contre Boko Haram et le groupe États-islamique en Afrique de l’ouest. À en croire le texte, Yaoundé utiliserait les ressources apportées dans ce cadre par ses partenaires, dont les États-Unis, pour mener une guerre jugée  illégitime contre les séparatistes.

« La communauté internationale ne doit pas tomber dans ce piège. Elle devrait plutôt réévaluer l’aide accordée à une administration contrôlée par Paul Biya, qui fait face à des difficultés financières. Après plus de trois ans d’opérations militaires intenses dans les régions anglophones dans des conditions critiques, l’économie camerounaise est sous le choc. Pourtant, les maigres ressources qui lui restent continuent d’être affectées aux importations d’armes, à la formation, aux infrastructures et aux opérations militaires », peut-on lire dans cette publication.

Activistes déguisés ?

L’attaque est portée par deux « chercheurs » américains dont Bill Burton, présenté comme un analyste travaillant pour le « Cameroon Anglophone Crisis Database of Atrocities ». La plateforme se veut apolitique, mais a un processus de collecte et vérification de l’information peu expliqué et ses publications sont toujours à charge contre le gouvernement camerounais. En plus, le texte ne donne pas les quantités et les volumes de ressources reçus par le Cameroun dans le cadre de la lutte contre Boko Haram et soit disant détournés pour le conflit dans les régions anglophones.

En début d’année 2019, Washington a supprimé des aides militaires à Yaoundé. Pour justifier sa décision, l’administration de Trump a évoqué de « graves violations des droits humains » et non des détournements de ressources. Un argument du reste contesté par les autorités camerounaises. Non sans raison. Une autre analyse permet en effet de constater que la réduction de la présence américaine sur les terrains de conflit au Cameroun serait survenue parce que la menace pour les intérêts américains n’y est pas forte, comme on peut le voir sur cet outil de suivi de l’organisation américaine dénommée Council of Foreing Relations. En réalité, le Cameroun ne figure même pas dans la liste des pays où des conflits représentent une menace significative pour les intérêts américains.

Propagande séparatiste

Le texte suggère aussi que la crise anglophone ne peut trouver de solution avec l’aide proposée par la France, ainsi que la médiation de la Suisse. Les auteurs du texte estiment en outre que les initiatives menées par le gouvernement du Cameroun pour répondre aux demandes des Camerounais des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont « un bluff destiné à tromper les opinions publiques internationales.»

Ces derniers reprennent même la rhétorique séparatiste qui parle régulièrement d’un « risque imminent de massacre de masse contre les ressortissants de régions anglophones ». Une position qui n’est pas documentée. Selon des données fournies par cette plateforme indépendante, qui apporte de la clarté sur les conflits dans le monde en y associant des chiffres, l’intensité des combats est en baisse. D’ailleurs, les actes de violence, enregistrés ces derniers jours, sont l’œuvre de groupes armés. Ce qui a poussé le département d’État américain à mettre en garde la diaspora qui soutient les actes de violence dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Idriss Linge

Dernière modification le dimanche, 29 novembre 2020 07:35

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