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Jean-Jacques Ekindi, le « chasseur de lion » apprivoisé par « le lion »

Jean-Jacques Ekindi, le « chasseur de lion » apprivoisé par « le lion »

Paru le jeudi, 30 avril 2020 17:13

« Je vous annonce ma démission du Mouvement progressiste (MP) et mon adhésion au RDPC », a annoncé Jean-Jacques Ekindi ce jeudi 30 avril 2020 à Douala. Le fondateur du Mouvement progressiste, un parti d’opposition, rejoint les rangs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir « comme militant de base », a-t-il précisé lors de la conférence de presse organisée à son domicile.

« Après de multiples expériences pendant lesquelles je me suis livré corps et âme pour mon pays avec les résultats que l’on sait, je suis arrivé à la conclusion que mon activité politique sera plus efficace si je suis membre du RDPC plus que leader du MP, parti d’opposition. », a-t-il avancé pour motiver son comeback dans le parti du flambeau.

Déboires d’un leader

Ce retour à la case départ de l’homme politique intervient après environ trois décennies de transhumance dans l’opposition camerounaise. Jean-Jacques Ekindi est connu pour être un des premiers diplômés africains noirs de l’École polytechnique (promotion 1965) de Paris.

En 1970, sous régime d’Ahidjo, il fut arrêté, jugé par un tribunal militaire et détenu plus de 16 mois pour avoir affiché ses convictions politiques. Lorsqu’il rentre dans l’opposition en 1991 en créant son parti, l’ancien militant du RDPC (1985-1991) fait également l’objet d’arrestations à cause de son activisme politique.

Volteface ou suite logique ?

Dans l’opinion certains commentateurs politiques ne s’accordent pas. Là où certains marquent leur surprise devant cette « volteface de Jacques Ekindi », d’autres y voient « une suite logique » de la démarche du « chasseur de lion ». Les adeptes du premier bord relèvent que le leader du MP s’est très souvent montré très critique à l’endroit du parti au pouvoir et surtout du président Paul Biya.

« C’est une supercherie de faire croire que les Camerounais demandent spontanément de rester au pouvoir à vie à ceux qui les ont placés pendant 20 ans dans une situation de précarité », déclarait-il en 2007 sur les antennes de Radio France Internationale (RFI). Interviewé par François Boisbouvier, l’opposant d’alors et député à l’Assemblée nationale s’insurgeait contre la démarche de modification de la constitution ; laquelle déblayait la voie à un nouveau mandat du président Paul Biya à la magistrature suprême.

Pour d’autres observateurs du landerneau politique, le choix de Jean Jacques Ekindi n’est pas une surprise. Car, lors de la présidentielle de 2018, alors que le parti au pouvoir était acculé par la montée du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) à Douala, le natif de Deïdo s’est positionné en soutien à la candidature de Paul Biya, le président sortant réélu pour 7 ans en octobre 2018.

 « J’ai soutenu la candidature de Paul Biya en 2018. Avant cela j’ai fait une conférence de presse pour demander à tous les candidats de nous faire parvenir leurs programmes. Et qu’en fonction de la pertinence des programmes, nous nous prononçons. Seul Biya l’a fait », avançait-il.

Toujours est-il que dans un camp comme dans l’autre, les événements de ce jeudi 30 avril prêtent à penser que « le chasseur de lion » âgé de 75 ans s’est finalement fait apprivoiser par « l’homme lion ».

BE

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