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Extrême-Nord : le calvaire des personnes malades d’insuffisance rénale

Extrême-Nord : le calvaire des personnes malades d’insuffisance rénale

Paru le mercredi, 02 décembre 2020 10:52

Les personnes souffrant d’insuffisance rénale dans la région de l’Extrême-Nord n’ont pas accès aux soins. Cette situation qui date depuis plus d’un mois est à l’origine d’un mouvement d’humeur organisé depuis lundi à l’hôpital régional de Maroua par des malades placés sous hémodialyse.

« Ça fait un mois qu’on ne reçoit plus les soins à Maroua. Sur les huit machines, seules trois sont fonctionnelles pour 45 personnes. Nous n’arrivons pas à dormir. C’est la dialyse qui nous maintient en vie. Et chaque fois on nous dit que les machines viennent, on ne voit rien. C’est jusqu’à quand alors ? Beaucoup de malades sont déjà morts. Nous-même, on compte les jours seulement. Nous allons tous mourir si rien n’est fait. À Garoua, il y a des malades qui sont dans le coma. Si rien n’est fait, nous allons aussi mourir comme les autres », s’indigne dame Ndjile, une malade.

Selon le collectif des insuffisants rénaux, ce déficit de soins est à l’origine de plusieurs pertes en vies humaines. Selon des chiffres publiés par nos confrères du journal L’œil du Sahel, la région serait déjà à une vingtaine de morts enregistrés au bout d’un mois.

Epreuve de nerf

Pour se tirer d’affaire, les malades sont contraints de quitter Maroua pour la région voisine du Nord dans l’espoir d’être pris en charge au niveau de l’hôpital régional de Garoua. « Nous travaillons en collaboration avec Garoua. D’ailleurs nous avons déployé à Garoua les kits pour la prise en charge de ces malades », explique Gérard Fetse Tsama, le directeur de l’hôpital de Maroua.

Mais le voyage de 200 kilomètres sur route entre Maroua et Garoua est jugé périlleux et onéreux pour bon nombre de malades. Pis, à Garoua la prise en charge constitue une véritable épreuve de nerfs. « Tu peux aller à l’hôpital à 6 heures du matin, mais c’est à 8 heures parfois 10 heures du soir qu’on te reçoit. La priorité étant accordée aux malades du centre de Garoua. Il faut parfois passer la nuit à l’hôpital, à même le sol pour ceux qui n’ont pas des connaissances dans cette ville », confie une patiente.

Vers le bout du tunnel ?

Selon Dr Gérard Fetse Tsama, directeur de l’hôpital régional de Maroua, le dysfonctionnement du centre hémodialyse provient d’une panne survenue à la salle d’eau. « Des techniciens sont venus poser le diagnostic. Ils ont essayé de remettre en service les équipements qui ne marchaient pas. On a fait une commande des pièces et le technicien est revenu au Cameroun depuis samedi (28 novembre, ndlr), parce que les pièces ne se trouvent pas ici. Ils sont revenus avec les pièces et les travaux sont supposés reprendre d’ici 24 à 48 heures », informe-t-il.

Opérationnel depuis 2012, les générateurs et les équipements du centre d’hémodialyse de Maroua devraient être renouvelés. Mais ce processus accuse du retard à cause de l’avènement de la pandémie du Covid-19.

Baudouin Enama

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