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Bataille autour de la gestion du croissant lunaire au Cameroun

Bataille autour de la gestion du croissant lunaire au Cameroun

Paru le lundi, 05 avril 2021 13:36

La Commission nationale du croissant lunaire (CNCL), seule organisation de gestion du croissant lunaire reconnue par les pouvoirs publics jusqu’ici, dénonce la démarche des associations islamiques qui ont annoncé la création, le 3 avril dernier à Douala, « d’un nouvel organe de gestion du croissant lunaire au Cameroun, dénommé Conseil camerounais du croissant lunaire (CCCL) ».

Selon, un communiqué signé par El Hadj Mohamed Azize Mbohou, qui se présente comme le secrétaire permanent de la CCCL, le nouvel organe serait « l’aboutissement d’une démarche consensuelle, constructive, interactive et transparente engagée depuis le 6 février 2021 sous l’égide de l’Association pour l’observation astronomique (AOA), dont l’objectif majeur était de mobiliser et d’impliquer toutes les ressources humaines et matérielles indispensables à une gestion harmonieuse de la question du croissant lunaire dans notre pays ».

« Cette démarche, loin d’être consensuelle, crédible et transparente comme l’affirment ses auteurs, relève plutôt d’un désordre auquel Ibrahim Moubarak Mbombo (président de l’Union islamique du Cameroun, NDLR) et son équipe nous ont habitués à l’approche de chaque ramadan », affirme le porte-parole de la CNCL, Pr Souley Mane, dans un communiqué rendu public le 4 avril. Ce dernier affirme que la CNCL, dont l’actuel président est Cavaye Yéguié Djibril et l’Association culturelle islamique du Cameroun (ACIC), dirigée par Iddy Mama, ne sont « nullement concernées » par cette initiative.

Dans son communiqué, El Hadj Mohamed Azize Mbohou avoue en effet que le président national de l’ACIC a eu un empêchement. La création du nouvel organe est donc en réalité fruit d’un d’accord entre deux associations : l’Association solidaire pour la vocation islamique (ASSOVIC) et l’Union islamique du Cameroun (UIC).

Confusion

En 2019, de nombreux candidats au Brevet d’études du premier cycle (BEPC) ont loupé une journée d’examen à cause de la confusion autour de la date de fin du ramadan. Le Conseil camerounais des imams, des mosquées et des affaires islamiques (COCIMAI) avait annoncé que la fête aurait lieu au Cameroun le mardi 4 juin 2019. Cette journée devait donc être fériée et chômée dans l’ensemble du territoire national, conformément à la loi du 7 décembre 1973 fixant le régime des fêtes légales au Cameroun. Mais la fin du jeûne musulman avait été célébrée le 5 juin, comme l’avait annoncé la Commission nationale qui dénie toute autorité au COCIMAI pour le faire. Cette affaire, qui cache mal, les batailles de positionnement politique au sein de la communauté musulmane du pays, pourrait continuer à créer la confusion.

Le jeûne est l’un des cinq piliers de l’islam et son observance est capitale pour tout musulman. Le ramadan, encore appelé « mois saint », se caractérise pour les fidèles par l’absence de la prise de nourriture et de boisson pendant la journée. C’est également un mois de célébration, de recueillement et d’abstinence. Le ramadan devrait débuter cette année à la mi-avril, mais la date officielle ne sera connue qu’après l’observation lunaire.

P.N.N

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