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À la Sosucam, des délégués du personnel réclament une enquête sur le licenciement de 250 employés

À la Sosucam, des délégués du personnel réclament une enquête sur le licenciement de 250 employés

Paru le jeudi, 10 juin 2021 15:36

Le collectif des délégués du personnel de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) a saisi le ministre du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss), Grégoire Owona, en vue d’un règlement du différend né du licenciement de 250 employés le 8 juin 2021.

« Afin de permettre à toutes les parties de se faire une opinion objective du bien fondé et de l’opportunité d’un licenciement massif du personnel à Sosucam, nous vous prions M. le ministre, de bien vouloir enjoindre l’employeur au respect de la loi, d’instruire qu’une enquête approfondie soit menée par vos services compétents », implorent-ils. Tout en sollicitant l’intervention du Mintss en vue de « l’arrêt de cette démarche illégale de l’employeur ».

Le problème tient au fait que, à la lumière de l’article 40 du Code du travail, les délégués du personnel soutiennent qu’il s’agit d’un « licenciement économique » plutôt que d’un licenciement de « l’insuffisance professionnelle » excipé par l’entreprise.

Précision laconique

De plus, les délégués du personnel s’indignent que la décision leur ait été signifiée subrepticement le 7 juin 2021 aux environs de 16h. « Le top management a convoqué les délégués du personnel pour leur annoncer que 250 employés seront remerciés parce que peu productifs », s’énerve l’un d’eux.

Les délégués du personnel notent que cette démarche viole aussi bien le Code du travail que la lettre circulaire du 2 novembre 1993 réglementant le licenciement pour motif économique. Or, font-ils savoir au Mintss, « la situation économique pour laquelle nous n’avons cessé de tirer la sonnette d’alarme auprès de l’employeur quant à ses décisions managériales est celle qui nous amène à cette situation aujourd’hui ».

Précédent dangereux

Cette option managériale concerne notamment « la décision d’externaliser certaines activités à des coûts très élevés, la décision d’investissements lourds, telle que l’irrigation, susceptible d’être amortis sur plusieurs exercices (alors que nous sommes en zone pluvieuse) ».

Plus curieux, notent les délégués du personnel, lors des campagnes 2019-2020 et 2020-2021, l’employeur a décidé unilatéralement de l’arrêt de l’usine de Sosucam1 avant la fin de la campagne, réduisant ainsi la capacité de production de l’entreprise, sans que cela n’induise un gain de productivité.

Ces derniers redoutent que l’entreprise, en situation de monopole, « n’inaugure là un précèdent dangereux, pour pouvoir licencier davantage dans le futur pour n’importe quelle raison fallacieuse, avec ce que cela peut entrainer comme troubles sociaux dans le pays ».

Sosucam, détenue à 74% par le Français Somdiaa et à 26% par l’État camerounais, génère 8000 emplois directs et indirects qui produisent en moyenne de 130 000 tonnes de sucre par an.

Dominique Mbassi

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