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Des militaires impliqués dans un trafic d’espèces protégées interpellés à Yaoundé

Des militaires impliqués dans un trafic d’espèces protégées interpellés à Yaoundé

Paru le vendredi, 12 juin 2020 08:24

Trois personnes, dont deux militaires, ont été interpellées le 7 juin 2020 au quartier Odza à Yaoundé. Les deux militaires sont un sergent précédemment en service à la Garde présidentielle (GP) et un matelot de deuxième classe, révèlent des sources proches du dossier. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à un trafic d’espèces protégées. Près de 400 kg d’écailles de pangolin ont été saisis au cours de l’enquête.

Ces interpellations sont le fruit d’une opération conjointe menée par la brigade de gendarmerie d’Odza et de la compagnie de gendarmerie de Mimboman, en collaboration avec la délégation régionale des Forêts et de la Faune du Centre. Celle-ci a bénéficié de l’assistance technique de Laga, une ONG spécialisée dans la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages.

Le sergent a déclaré, lors de son interrogatoire à la compagnie de gendarmerie de Mimboman, que les écailles lui avaient été remises par une dame afin qu’il les revende. Celle-ci a été appréhendée au quartier Ekounou. Selon nos sources, elle serait une commerçante de viande de brousse « bien connue » au marché de Nkolndongo. Elle avait envoyé son fils, le matelot de deuxième classe, la représenter lors de la transaction, apprend-on.

« Selon les rapports d’enquête, le sergent est un client régulier de viande de brousse du trafiquant présumé. Il s’est dévoué et se servait de son statut de militaire pour vendre près de 400 kg d’écailles de pangolin », indique Laga. Le Cameroun abrite trois espèces de pangolins (géant, à ventre noir et à ventre blanc), classées comme espèces totalement protégées. Ce qui n’empêche pas leur braconnage.

Coronavirus

Les pangolins sont en effet régulièrement chassés, notamment pour leurs écailles très prisées en Asie, surtout en Chine, où elles sont notamment utilisées dans la pharmacopée traditionnelle. En 2016, la Convention sur le commerce international des espèces de flore et de faune sauvages menacées d’extinction (CITES) a interdit le commerce international du pangolin.

Malgré cette décision et les mesures appliquées par différents pays, dont le Cameroun, dans le cadre de la lutte contre le braconnage et le commerce du pangolin, le trafic de cette espèce gravement menacée de disparition se poursuit. Ce, alors même que des études montrent que le pangolin héberge des coronavirus très proches du SARS-CoV-2, à l’origine de la crise sanitaire actuelle. 

Plusieurs défenseurs de l’environnement dénoncent le rôle de certains agents des forces de l’ordre dans le trafic des espèces protégées au Cameroun. En 2017, 216 défenses et 81 queues d’éléphants ont été saisies dans la voiture d’un colonel de la gendarmerie à Djoum, dans la région du Sud. Un agent de police basé à Garoua (Nord) a été interpellé à Yaoundé en mai 2019, en lien avec le massacre et le trafic d’espèces sauvages protégées dans le parc national de Bouba Ndjida. Il avait été arrêté en possession de cinq crânes de lion, une peau de panthère et des défenses d’éléphant.

La loi faunique de 1994 dispose que toute personne trouvée en possession de parties d’une espèce totalement protégée est passible d’une peine de prison allant d’un à trois ans, et d’une amende de 3 à 10 millions de francs CFA.

P.N.N

Dernière modification le vendredi, 12 juin 2020 08:55

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